Tunisie – Conférence OMT à Djerba : Le Bassin méditerranéen renferme un énorme potentiel touristique à exploiter

jebali-omt-jerba-160412.jpg«L’organisation de cette conférence atteste que la Tunisie est de retour sur la scène du tourisme. Il y a des signes de relance qu’on ne peut que s’en réjouir. C’est un retour à la normalité, on espère», lance Taleb Rifaî, secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), lors de l’ouverture de la 6ème conférence de l’organisation à Djerba.

Un enthousiasme prudent, pourtant, puisque les intervenants à cette cérémonie d’ouverture n’ont pas caché une certaine appréhension quant à la situation sécuritaire qui a suivi ce qu’on appelle communément «le Printemps arabe», mais aussi aux difficultés structurelles que connait le tourisme dans les pays de la rive sud de la Méditerranée. Sans oublier des difficultés qui ont trait à la vétusté du produit touristique et des moyens de sa promotion, au changement du comportement des consommateurs mais aussi à la mauvaise santé de l’économie européenne actuellement, vu le poids des touristes européens sur le tourisme mondial (25%), selon le responsable de l’OMT.

Ceci étant, M. Rifaî estime que ces difficultés pourraient être dépassées par une diversification du produit touristique, la recherche de nouveaux marchés et l’exploitation des opportunités régionales et l’échange interarabe.

Label touristique…

La conférence de l’OMT, qui est organisée pour la première fois en Tunisie, traitera, deux jours durant, de la promotion du tourisme dans la région euro-méditerranéenne, constituant un élément majeur pour le renouveau du secteur, essentiellement dans la région sud de la Mare Nostrum. Il s’agit de donner des pistes de réflexion mais aussi des orientations stratégiques pour cette finalité, formulé par des réunions entre pays partenaires pour des actions pratiques.

Elyes Fakhfakh, ministre tunisien du Tourisme, a affirmé qu’il est nécessaire de définir des modalités de collaboration à même de donner lieu à des actions concrètes de nature à favoriser le partenariat. Il propose, ainsi, la création d’un label méditerranéen qui permettra de promouvoir les marchés touristiques.

Sous ce label, les produits proposés seraient commercialisés conjointement sur les marchés lointains. «Le domaine de la coopération offre encore un vaste champ aux initiatives. A vous d’être imaginatifs et concrets pour mieux explorer le potentiel de ce secteur», a-t-il affirmé.

Alliances stratégiques…

L’imagination et l’innovation seraient un atout majeur pour la relance du secteur. Comme l’a souligné Samaïl Mimoun, ministre algérien du Tourisme et de l’Artisanat, pour qui «le ralentissement ne s’explique pas seulement par la crise économique mondiale ou le Printemps arabe mais aussi par l’incapacité de notre région à se mettre en cause et à exploiter son potentiel et savoir-faire». Pour sortir de cette situation de blocage, le ministre propose des pistes de coopération, à savoir la mise en place d’alliances stratégiques entre les pays frontaliers essentiellement, permettant d’offrir des produits complémentaires. Ceci aura le bénéfice de diversifier le produit touristique et le rendre plus attractif et plus intéressant. En un mot «sortir du tout balnéaire» et cibler des marchés lointains comme la Chine et les Etats-Unis d’Amérique dont les touristes seraient plus intéressés par des circuits diversifiés.

Pou M. Mimoun, la formation des ressources humaines serait également primordiale pour offrir des services touristiques bien adaptés aux besoins des consommateurs. «Il ne s’agit plus de proposer des services standardisés mais des services personnalisés afin de singulariser la destination par rapport aux autres destinations», explique-t-il.

Dans cet ordre d’idées, il estime que le foisonnement des écoles et des centre de formation des régions ne suffit pas, mais il faudra tabler sur l’échange d’expériences, et de proposer «… la création d’un centre de recherche et de prospective pour la promotion du tourisme en Méditerranée».

Il s’agit aussi d’investir dans les TIC en matière d’approches marketing et de ciblage des marchés et des consommateurs et également se consacrer au tourisme domestique qui offre, selon le ministre algérien, «une capacité de résistance aux aléas externes».

Qualité…

L’expérience turque peut être dupliquée à ce niveau. Selon Ertugrul Günay, ministre turc de la Culture et du Tourisme, la Turquie a été classée au 6ème rang en 2011 avec 31,4 millions de touristes. «Malgré cette performance, on estime que le devenir du tourisme en Méditerranée ne peut se réaliser sans une coopération internationale bien établie», assure-t-il.

Il ajoute qu’il faut bien évaluer les nouvelles opportunités qui se présentent et faire bien attention à la qualité de services. «Il faut éviter aussi de casser les prix et de ne pas diminuer la qualité».

Pour l’Italie, dont le ministre du Tourisme n’a pas pu assister à la conférence, il s’agit de renforcer la coopération avec la Tunisie, étant son troisième partenaire touristique. Une déclaration conjointe sera, d’ailleurs, signée dans les prochains jours. Elle vise à renforcer les échanges des flux touristiques, la formation et le recyclage des ressources humaines dans le secteur.

L’OMT estime qu’elle enregistrera, cette année, un milliard de touristes. D’où un fort potentiel qui se présente pour les professionnels du secteur dans le monde et particulièrement dans le Bassin méditerranéen, qui absorbe le tiers des revenus touristiques dans le secteur et la moitié du flux touristique.