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à Francfort, en Allemagne, le 26 mai 2011. (Photo : Daniel Roland)

[02/02/2012 12:49:47] FRANCFORT (Allemagne) (AFP) Le géant bancaire allemand Deutsche Bank, qui a souffert de la crise de la dette en Europe en 2011, a enregistré une chute plus importante que prévu de son bénéfice net au quatrième trimestre, et n’a pas fait de prévision concrète pour 2012.

“Après un bon début d’année nous avons dû faire face à des conditions très défavorables au deuxième semestre. La crise de la dette en Europe a accentué l’incertitude sur les marchés du monde entier et a incité les clients à la prudence”, a déclaré jeudi le patron du groupe Josef Ackermann lors d’une conférence de presse à Francfort (ouest).

S’il a jugé son groupe “bien positionné” pour profiter de “la nouvelle ère après la crise financière”, il n’a pas pronostiqué une fin prochaine de celle-ci et n’a pas livré de prévision de résultat pour 2012, une année “remplie de défis politiques et économiques”, avec une évolution de la conjoncture mondiale “difficile à prédire”.

“Nous partons du principe que le secteur des banques d’investissement ne retrouvera pas ses anciens niveaux de revenus record dans un futur proche. Mais même si le gâteau devient plus petit, Deutsche Bank pourra toujours en prendre une grande part”, a-t-il encore commenté.

Les performances en baisse de sa division de banque d’investissement, qui avaient déjà contraint en octobre le groupe à renoncer à sa prévision annuelle d’un bénéfice opérationnel de 10 milliards d’euros, ont été en grande partie responsable de la fonte des résultats en fin d’année. Le bénéfice opérationnel s’est finalement établi à 6,6 milliards d’euros en 2011.

M. Ackermann a cependant assuré que 10 milliards d’euros était toujours “une grandeur réaliste” du potentiel de Deutsche Bank, une fois que la crise sera passée.

Sur l’année le bénéfice net a presque doublé à 4,3 milliards d’euros, Deutsche Bank ayant pu compenser la faiblesse de ses activités de marché au second semestre par une forte croissance des revenus dans ses divisions classiques, comme la banque de détail dopée par le rachat de Postbank fin 2010 ou les produits et services bancaires commerciaux.

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Logo de la Deutsche Bank (Photo : Daniel Roland)

Ainsi en 2011, “56% du bénéfice opérationnel a été réalisé par les activités classiques”, a fait valoir M. Ackermann, qui a pris soin ces dernières années de diversifier les sources de revenus de son groupe et de réduire sa dépendance à la banque d’investissement.

Mais cela n’a pas suffit: d’octobre à fin décembre le groupe a réalisé un bénéfice net part du groupe de 147 millions d’euros, en recul de 76% sur un an et de 80% sur un trimestre, un chiffre très maigre et largement inférieur aux attentes des analystes.

Le groupe a même subi une perte opérationnelle de 351 millions d’euros sur la période, mais cette perte a été compensée au final par un effet fiscal positif, notamment aux Etats-Unis.

La promesse d’un dividende stable à 0,75 euro par action au titre de l’exercice écoulé n’a pas réussi à consoler les investisseurs: à Francfort l’action Deutsche Bank perdait 1,73% à 33,45 euros sur un indice Dax en hausse de 0,13% à 12H02 GMT.

Au quatrième trimestre le groupe a aussi passé pour plus d’un milliard d’euros de charges exceptionnelles et dépréciations diverses, notamment sur des litiges juridiques ou sur des participations directes du groupe, comme le casino The Cosmopolitan de Las Vegas ou le fabricant de génériques islandais Actavis.

M. Ackermann, qui va quitter son poste en mai au profit d’un tandem formé par l’Anglo-Indien Anshu Jain et l’Allemand Jürgen Fitschen, a souligné avoir eu à coeur de réduire les risques au maximum en fin d’année comme “cadeau de départ” à ses successeurs, pour ne pas leur réserver de mauvaises surprises.