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| écembre 2011 à Londres (Photo : Leon Neal) |
[31/01/2012 15:27:13] LONDRES (AFP) Julian Assange comparait mercredi pour 48 heures devant la Cour suprême britannique dans son combat de plus d’un an pour échapper à l’extradition en Suède, après quoi l’ultime recours, en cas d’échec, serait la Cour européenne des droits de l’homme.
Le fondateur de WikiLeaks, âgé de 40 ans, conteste la décision de la justice britannique d’autoriser son extradition vers la Suède, où il est accusé de viol et d’agressions sexuelles par deux femmes.
La plus haute instance judiciaire du pays, qui sera composée pour l’occasion de sept juges au lieu des cinq habituels, a accepté d’examiner ce recours au motif qu’il soulève un point “d’intérêt général”.
La question est de savoir si un mandat d’arrêt européen peut être émis non par un tribunal mais par un procureur agissant pour le compte de l’Etat suédois.
La Cour suprême rend en général ses décisions dix semaines après l’audience mais ce délai pourrait être réduit dans le cas d’Assange.
Arrêté en décembre 2010 à Londres à la suite du mandat d’arrêt européen émis par la Suède, Julian Assange avait été libéré au bout de quelques jours. Il est assigné depuis à résidence en Grande-Bretagne.
Depuis le début de l’affaire, M. Assange réfute les accusations de relations sexuelles non consenties, et se déclare victime d’un complot politique ourdi par les Etats-Unis.
Selon lui, Washington agirait en représailles à la publication par le site internet WikiLeaks de dizaines de milliers de documents militaires sur l’Irak, l’Afghanistan et de télégrammes diplomatiques américains.
Le 24 février 2011, la justice britannique avait donné son feu vert à l’extradition de Julian Assange, une décision confirmée en novembre en appel par la Haute Cour.
Selon un avocat spécialiste de l’extradition, Julian Knowles, un refus d’extrader Assange au motif qu’un procureur n’est pas une autorité habilitée à émettre un mandat d’arrêt européen, aurait des “conséquences en profondeur”.
“Cela voudrait dire qu’à moins de réécrire la loi, l’extradition en Europe devient difficile voire impossible”, étant donné les différences entre les systèmes juridiques, juge-t-il dans le Guardian.
Si la Cour suprême rejette son appel, un ultime recours est possible devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg (France), selon le parquet britannique.
Cette dernière aura 14 jours pour accepter ou refuser le dossier. Si elle accepte de traiter la requête d’Assange, l’extradition sera suspendue et son assignation à résidence continuera de s’appliquer, dans l’attente de la décision sur le fond des juges de Strasbourg.
Si la Cour européenne rejette l’examen du cas, Julian Assange sera extradé vers la Suède dans les meilleurs délais.
Depuis treize mois, l’ancien hacker informatique devenu un gourou de la transparence politique a connu bien des vicissitudes.
Celui qui a connu son heure de gloire en 2010 avec la publication des documents qui ont traumatisé Washington, a depuis vu ses soutiens s’éclaircir. Ses méthodes ont été contestées et les financements se sont faits plus rares pour son site, contraint de suspendre ses publications.
La chaîne pro-Kremlin RT a cependant annoncé récemment qu’elle diffuserait à partir de mars des émissions animées par Julian Assange, qui a promis d’inviter “des acteurs politiques majeurs, des penseurs et des révolutionnaires du monde entier”.
Julian Assange doit aussi faire une apparition dans un épisode des Simpsons, qui sera diffusé le 19 février, selon le Daily Telegraph.



