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La Bourse de New York (Photo : Emmanuel Dunand)

[03/12/2011 08:28:06] NEW YORK (AFP) La Bourse de New York a enregistré sa meilleure semaine depuis mars 2008, propulsée par l’action concertée des banques centrales, mais reste extrêmement vulnérable à la situation en Europe, où un sommet crucial doit se tenir les 8 et 9 décembre.

La décision des grandes banques centrales de la planète de faciliter et étendre jusqu’en février 2013 les échanges de devises entre elles, a rendu euphorique Wall Street, qui a vu dans cette initiative une solution à la menace de paralysie des économies européennes.

Lors de l’annonce surprise de cette mesure, mercredi, la Banque centrale européenne (BCE) a expliqué vouloir “minorer les effets des tensions (sur les marchés financiers) sur la fourniture de crédit aux ménages et entreprises et aider ainsi à encourager l’activité économique”.

Revigorée, Wall Street a alors signé sa meilleure séance depuis mars 2009. Et sur la semaine écoulée, le Dow Jones Industrial Average a engrangé 787,64 points, pour terminer à 12.019,42 points, en hausse de 7,01%. C’est la deuxième plus forte hausse hebdomadaire de l’histoire de l’indice vedette de la Bourse new-yorkaise.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a de son côté gagné 185,42 points, à 2.626,93 points, en hausse de 7,59%. Et l’indice élargi Standard & Poor’s 500 a pris 85,61 points, à 1.244,28 points, en progression de 7,39%.

“Le marché continue d’être dirigé par les développements en Europe, la volatilité est toujours forte”, a déploré Michael James de Wedbush Securities, parlant de la “fatigue” des courtiers américains d’être suspendus à la crise budgétaire des 27.

“Ce qui est positif c’est que (contrairement à l’Europe) la hausse aux Etats-Unis est accompagnée d’une amélioration des statistiques sur l’économie”, a relativisé Gregory Volokhine, de Meeschaert Capital.

Wall Street avait débuté la semaine de manière tonitruante, dopée par les ventes records enregistrée lors du “Black Friday”. Les dépenses réalisées par les Américains au lendemain de Thanksgiving ont ainsi progressé de 6,6% par rapport à 2010, pour totaliser 11,4 milliards de dollars, selon le cabinet ShopperTrak.

L’indice de confiance du Conference Board est venu confirmer la tendance: le moral des ménages de la première économie de la planète s’est fortement amélioré en novembre, revenant à son plus haut depuis juillet.

De même, l’activité des industries manufacturières s’est accélérée en novembre, pour s’établir à plus fort niveau depuis juin.

Et vendredi, les chiffres de l’emploi n’ont pas déçu: le chômage est finalement redescendu sous les 9%, pour s’établir en novembre à 8,6%.

Reste que “ce qui va dans un sens, peut aller dans l’autre”, a nuancé M. Volokhine pour rappeler la fragilité des marchés.

“Les nuages noirs de la crise de la dette en Europe n’ont toujours pas disparu”, a souligné M. James.

De fait, les investisseurs croisent les doigts pour que le sommet européen de jeudi et vendredi prochain permette des avancées décisives en zone euro.

“Les attentes sont énormes”, a déclaré Michael James.

“Si aucune mesure structurelle n’est prise, la défiance vis à vis de la volonté des gouvernements européens de réduire leurs déficits budgétaires va revenir”, a averti M. Volokhine.

D’ici ce sommet, le président français Nicolas Sarkozy recevra lundi prochain à Paris la chancelière allemande Angela Merkel pour élaborer des propositions communes. La transformation de l’Union monétaire en une union budgétaire, avec “des règles strictes”, est “sur le point de se réaliser” même s’il faudra “des années” pour résoudre la crise, a dit vendredi Mme Merkel.

Sur le front américain, la semaine prochaine verra la publication de l’indice ISM sur l’activité dans les services, lundi, les demandes d’allocations chômage, jeudi, et les ventes au détail vendredi.

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