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| ésident de la BCE, Mario Draghi lors du sommet du G20 en France à Cannes,le 4 novembre 2011 (Photo : Sebastien Nogier) |
[02/12/2011 15:31:29] PARIS (AFP) L’action coordonnée des principales banques centrales, annoncée mercredi et accueillie triomphalement par les marchés, devrait très peu peser sur le quotidien des banques européennes, qui continueront à réduire leurs besoins en dollars.
Les nouvelles mesures visent à faciliter l’accès au dollar pour les banques non américaines via leur banque centrale. La possibilité existait déjà depuis septembre 2008, mais l’accord annoncé mercredi en divise le coût quasiment par deux.
Jusqu’ici, les tarifs proposés étaient assez sensiblement supérieurs à ceux qu’une banque européenne pouvait trouver sur le marché, en achetant des contrats dits “swaps” qui permettaient d’échanger une devise contre une autre.
Désormais, l’offre “devient compétitive dans les conditions de marché”, observe un dirigeant de banque, sous couvert d’anonymat, ce qui pourrait, selon lui, inciter les établissements européens à emprunter des dollars auprès de la Banque centrale européenne (BCE).
Car elles sont rares, celles qui aujourd’hui osent se rendre au “guichet de la honte”, comme l’appellent les banquiers, par peur d’être montrées du doigt. Lors de la dernière opération à une semaine, 352 millions de dollars seulement ont été retirés, à peine une goutte d’eau.
En théorie, la BCE garantit l’anonymat et ne publie que des chiffres agrégés pour chacune de ses opérations en dollars à une semaine et trois mois.
Mais les banques doutent de la confidentialité de ces opérations, évoquent des fuites régulières.
“Les gens peuvent parler, c’est embêtant, donc on n’y va pas”, explique un banquier, sous couvert d’anonymat.
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| Des billets de 100 dollars (Photo : Karen Bleier) |
Les besoins sont pourtant considérables depuis le mois d’août, qui a vu les plus importants pourvoyeurs de liquidités en dollars, les fonds monétaires américains, réduire de plusieurs dizaines de milliards de dollars leurs prêts aux banques européennes.
Au point que, courant septembre, les trois principales banques françaises cotées ont annoncé des mesures drastiques pour abaisser leurs besoins de financement à court terme en billets verts.
Très présentes historiquement sur des marchés mondialisés tels que le financement d’achat d’avions, libellé presque exclusivement en dollars, elles réduisent actuellement la voilure voire se désengagent complètement de certains métiers.
Ces décisions stratégiques ne seront pas remises en cause par l’action coordonnée des banques centrales.
“Hélas, cette mesure ne devrait pas suffire à prévenir le +crédit crunch+ (la contraction du crédit) car les banques vont continuer à réduire la taille de leur bilan”, selon les analystes de Natixis.
Au total, pour Peter Chatwell, stratégiste obligataire chez Crédit Agricole CIB, la décision conjointe des banques centrales “n’a fait que redonner de la confiance à court terme”, sans résoudre aucun des vrais problèmes des banques européennes.
“Le mouvement est acté, il est définitif”, prévient un dirigeant de banque. “Nous ne voulons pas revivre deux fois ce qui s’est passé cet été”, ajoute-t-il.
“Ce n’est pas parce que vous avez ce guichet que vous allez développer vos crédits en dollars”, explique un banquier. Pour lui, cette facilité a, par nature, un caractère temporaire, alors que les banques européennes ont décidé de ne plus s’appuyer que sur des “ressources stables” en dollars.
En outre, à travers ce guichet, la Réserve fédérale américaine (Fed) offre de financer les banques étrangères en dollars. Or, cette démarche est vivement dénoncée par plusieurs candidats à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle américaine, notamment le mieux placé d’entre eux, Newt Gingrich, ce qui fait planner l’incertitude sur sa pérennité.




