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| ésident de la BCE, Mario Draghi, le 1er décembre 2011 à Bruxelles (Photo : Thierry Charlier) |
[01/12/2011 11:55:26] TOULON (France) (AFP) Le président de la BCE, Mario Draghi, a exclu jeudi un rôle accru de la banque pour sortir la zone euro de la crise, comme le voudrait Nicolas Sarkozy qui devait prononcer dans la soirée un discours très attendu sur l’avenir de l’Europe à huit jours d’un sommet crucial.
“Il y a un traité. On ne doit pas demander à la BCE de faire des choses hors du traité”, a asséné à Bruxelles Mario Draghi qui s’exprimait pour la première fois depuis sa nomination.
Evoquant plus particulièrement le programme de rachat d’obligations publiques de la BCE, que nombre de responsables politiques et d’économistes lui réclament d’augmenter fortement pour mettre un terme à la propagation de la crise de la dette, M. Draghi a opposé une fin de non-recevoir.
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| ésident de la BCE, Mario Draghi (G) et le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, le 1er décembre 2011 à Bruxelles (Photo : Thierry Charlier) |
Ce programme est “temporaire” et “limité”, c’est à dire “pas infini”, a-t-il déclaré. “Le rôle de ce programme n’est pas de créer des liquidités ou de remplacer les gouvernements”.
Les déclarations de Mario Draghi sont une mauvaise nouvelle pour la France qui souhaite un rôle accru de la BCE pour venir en aide aux Etats en difficulté en contrepartie du renforcement de la discipline budgétaire exigé par Berlin.
Le président français doit esquisser sa vision pour sortir de la crise de la zone euro lors d’un discours à Toulon (sud-est) à 17H30 GMT qui marquera le début d’une séquence décisive pour l’avenir de la zone euro.
Vendredi, Angela Merkel s’exprimera à son tour sur l’Europe devant le Bundestag et les dirigeants de l’UE se retrouveront à Bruxelles les 8 et 9 décembre pour un sommet où il sera question de revoir complètement les règles du jeu budgétaire.
Depuis plusieurs jours, Paris et Berlin négocient d’arrache-pied pour accoucher d’une “initiative” conjointe destinée à améliorer la gouvernance économique européenne et ramener enfin le calme sur les marchés.
Mais aucune réponse convaincante n’est encore en vue.
L’Allemagne veut imposer une discipline budgétaire de fer à toute l’Europe mais refuse en contrepartie une solidarité financière entre Européens que réclame Paris par le biais de la BCE, de l’émission d’euro-obligations ou d’un renforcement du fonds de secours de la zone euro.
S’il sera guetté par ses partenaires européens et au-delà, le discours de Nicolas Sarkozy aura également un fort enjeu de politique intérieure, le président français étant convaincu que sa réélection au printemps 2012 se jouera sur sa gestion de la crise.
Le président français est accusé par la gauche d’être prêt à céder à Berlin. “Depuis plusieurs mois, c’est Mme Merkel qui décide et M. Sarkozy qui suit”, a déploré mercredi le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande, favori de l’élection selon les sondages.
Dans ce contexte instable, la France a enregistré cependant une bonne nouvelle jeudi matin en empruntant avec succès 4,346 milliards d’euros d’obligations sur les marchés, après une période où la dette française, notée triple A, a été chahutée sur le marché obligataire.
Même succès en Espagne, où le Trésor espagnol a également émis jeudi pour 3,75 milliards d’euros d’obligations, soit le maximum qu’il souhaitait emprunter, même s’il a dû concéder des taux d’intérêt légèrement en hausse.
Les Bourses européennes restaient également dans le vert jeudi au lendemain de l’intervention concertée des principales banques centrales mondiales pour offrir un peu d’oxygène à la zone euro et à son secteur bancaire.
En revanche en Grèce, les bateaux restaient à quai jeudi matin au port du Pirée près d’Athènes tandis que la fonction publique tournait au ralenti en raison d’une grève générale observée par les syndicats du privé et du public.
Il s’agit de la première grève contre le nouveau gouvernement d’union nationale de Lucas Papademos formé le 11 novembre, après la démission du précédent gouvernement socialiste de Georges Papandréou, et de la sixième grève générale depuis le début de l’année en Grèce.




