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| ésidentielle (Photo : Philippe Huguen) |
[28/11/2011 08:20:56] PARIS (AFP) Un contrôle européen renforcé sur les budgets nationaux des Etats membres de la zone euro est indispensable pour sauver la monnaie unique, a plaidé lundi Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et responsable du projet de l’UMP pour la présidentielle.
“On ne pourra pas sauver l’euro si, d’un autre côté, on n’accepte pas que les budgets nationaux soient un peu plus contrôlés que ce qu’ils ont été par le passé”, a déclaré M. Le Maire sur la radio Europe 1.
“On ne peut pas accepter à l’intérieur de la zone euro des comportements qui ne seraient pas responsables”, a-t-il ajouté, en citant le précédent de la Grèce, laissée “sans aucun contrôle sur son budget, sans aucun contrôle sur sa fiscalité” jusqu’au déclenchement de la crise de la dette au printemps 2010.
Interrogé sur la possibilité de voir la Commission européenne avoir la haute main sur de tels contrôles renforcés des pays de la zone euro, M. Le Maire a éludé: “On verra si c’est la Commission européenne, on verra si c’est le Conseil, si c’est je ne sais quelle institution européenne”.
“Ce qui compte, c’est que nous nous assurions que les disciplines budgétaires soient bien respectées à l’intérieur de la zone euro, sinon c’est l’euro lui-même qui est menacé”, a-t-il dit.
Selon le journal allemand Welt am Sonntag, l’Allemagne et la France envisagent la mise en oeuvre d’un nouveau pacte de stabilité limité à quelques pays de la zone euro, et devraient faire cette semaine des propositions en ce sens, auquel Paris et Berlin souhaitent associer Rome.
Le Journal du Dimanche affirmait pour sa part ce week-end que la chancelière Angela Merkel aurait convaincu le président Nicolas Sarkozy “d’instaurer un gouvernement économique (ndlr, de la zone euro) et de renforcer la discipline budgétaire”.
Sans confirmer explicitement ces pistes, la ministre du Budget et porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse a évoqué dimanche la piste d’une initiative Allemagne-France-Italie pour un “pacte de gouvernance” de la zone euro avec “des vrais régulateurs, des vraies sanctions” en cas de dérapages.
Bruno Le Maire a pour sa part renvoyé lundi à un “discours important” que M. Sarkozy doit prononcer jeudi lors d’un déplacement à Toulon.
“On sauvera l’euro tous ensemble à 17, main dans la main avec l’Allemagne, ou effectivement on ne le sauvera pas”, a-t-il ajouté, interrogé sur les divergences entre Paris et Berlin sur le rôle de la Banque centrale européenne pour tenter de juguler la crise de la dette.
“Nous sommes dans une vraie guerre économique et financière où un certain nombre de spéculateurs parient sur la chute de l’euro et l’éclatement de l’eurozone”, a estimé le ministre, après un nouvel avertissement de l’agence Moody’s Investors Service affirmant que l’aggravation rapide de la crise de la dette menaçait les notes souveraines de tous les pays européens.
“La réalité est grave et ça prouve aussi que nous devons faire tous les efforts pour nous libérer de la mainmise des marchés financiers”, a-t-il affirmé. Il a appelé à “prendre conscience de l’enjeu” de la crise qui est “la préservation de l’euro, la préservation de notre souveraineté nationale”.



