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| ésor (AFT) (Photo : Eric Piermont) |
[22/11/2011 19:14:39] PARIS (AFP) Philippe Mills, directeur général de l’Agence France Trésor (AFT), un service de Bercy qui place la dette publique sur les marchés, a reconnu que la France n’était “pas dans la meilleure position vis-à-vis des autres AAA de la zone euro”, dans une interview aux Echos.
“Ceux qui prétendent qu’il ne se passerait rien si la France devait perdre son AAA se trompent complètement”, a-t-il poursuivi dans l’entretien à paraître mercredi.
Citant la Belgique, le seul Etat de la zone euro noté AA+, soit juste en-dessous du triple A, la meilleure note, Philippe Mills relève qu’elle se finance avec un surcoût “très conséquent” de 120 points de base qui représenterait pour la France un surcoût de 2,5 milliards d’euros annuels.
“Je reconnais que, sur le critère des finances publiques, la France n’est pas dans la meilleure position vis-à-vis des autres AAA de la zone euro, même si la réactivité du gouvernement a été saluée par les agences (de notation, NDLR) et les investisseurs”, commente-t-il.
“C’est un fait”, constate-t-il, la France, comme l’Autriche, est “jugée plus fragile” même si, selon lui, “dire que les investisseurs considèrent que la France n’a plus la meilleure note est inexact”.
Philippe Mills invoque pour ces deux pays des “effets de contagion plus marqués” et une “exposition à la dette italienne (qui) explique en partie ces tensions”.
Le directeur général de l’AFT souligne que la France continue de financer sa dette “à des taux bas” à un coût moyen de 2,78% en 2011 sur la dette de moyen et long terme, “soit quasiment le taux le plus bas depuis la création de l’euro”.
“Aux troisième et quatrième trimestres, nous nous finançons même à un taux proche de 2,4%”, renchérit-il.
La perspective d’une perte du triple A de la dette française s’est accentuée lundi avec une nouvelle menace de l’agence de notation Moody’s.
Après un premier coup de canif, le 18 octobre, quand elle avait averti que la France risquait de perdre cette précieuse note, Moody’s a cité ses “coûts de financements élevés, conjugués à une perspective de croissance qui se détériore”.



