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à Woking, en Angleterre, le 17 novembre 2011 (Photo : Oli Scarff)

[18/11/2011 06:57:52] BRUXELLES (AFP) Les gouvernements des 27 Etats de l’UE et le Parlement européen vont tenter de trouver vendredi à Bruxelles un accord sur un budget pour 2012 combinant rigueur et relance, mais l’exercice s’annonce difficile, tant les positions sont éloignées.

Un échec n’est pas exclu si les deux parties refusent de faire des concessions, a-t-on confié de source européenne.

La réunion organisée à Bruxelles est une conciliation, ultime tentative pour arracher un accord.

La négociation porte sur 4 milliards d’euros et le Parlement européen semble chercher l’épreuve de force.

Les élus ont en effet approuvé le 26 octobre un projet de budget prévoyant 133 milliards d’euros de dépenses en 2012, soit une hausse de 6,6 milliards d’euros (5,2%) par rapport à 2011, allant ainsi au-delà du projet présenté par la Commission européenne, qui préconisait une hausse de 4,9% à 132 milliards.

Or les Etats, dont les finances sont exsangues, refusent d’aller au delà d’une hausse de 2,02% et veulent limiter les dépenses à 129 milliards d’euros.

Leur marge de manoeuvre est très réduite, car la Grande-Bretagne, la Suède, la Finlande, le Danemark, l’Autriche et les Pays-Bas ont voté contre cette proposition jugée trop généreuse.

Le budget commun est essentiellement constitué par les contributions des Etats.

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ésident de la Commission, José Manuel Barroso, au parlement européen, à Strasbourg, le 15 novembre 2011 (Photo : Patrick Hertzog)

La conciliation prendra fin lundi prochain. Si elle échoue, la Commission devra faire une nouvelle proposition et l’Union européenne vivra au rythme du système des 12e provisoires pour chacun des postes de dépense. Un véritable cauchemar en raison de la complexité de sa mise en oeuvre, souligne-t-on de source européenne.

La négociation a été mal engagée. Menés par le Premier ministre britannique David Cameron, les Etats de l’UE ont réclamé une cure de rigueur pour les dépenses européennes.

David Cameron, qui sera à Bruxelles vendredi pour des entretiens avec le président de l’UE Herman van Rompuy et le président de la Commission, José Manuel Barroso, a fustigé les 240 millions engagés pour aménager “Europa” un nouveau bâtiment à Bruxelles à l’usage des fonctionnaires européens.

“Vous vous demandez si ces institutions connaissent ce que chaque pays, chaque citoyen doit endurer alors que nous réduisons nos budgets”, a-t-il lancé en juin. Le discours fait mouche au Royaume-Uni, d’autant que la contribution britannique au budget européen ne cesse d’augmenter.

Les Etats ont réduit le projet de la Commission de 3,5 milliards. Ils ont notamment taillé 1,29 milliard dans les paiements des fonds européens, 786 millions dans les dépenses agricoles, près de 200 millions pour les actions extérieures et 87 millions dans les dépenses administratives.

Les élus européens ont remis l’argent supprimé par les Etats et ont ajouté 471 millions d’euros dans leur projet.

“Ce budget montre que nous voulons renforcer l’UE, que nous voulons une UE compétitive pour relancer la croissance”, a expliqué le président du Parlement, le Polonais Jerzy Buzek.

Les deux parties abordent cette conciliation dans “un esprit constructif”, assure-t-on à Bruxelles. Mais “l’accord n’est pas encore acquis, loin de là”, a-t-on souligné de source européenne.

Les représentants des Etats vont se réunir à partir de 10H00 pour arrêter leur position. Ils devront se prononcer sur un budget additionnel de 550 millions d’euros pour 2011. L’argent est destiné à rembourser des actions qu’ils ont engagées pour lutter contre le chômage.

“Ce sera un test de l’engagement pris par les Etats en 2011. Ils avaient assuré dans une déclaration que s’il fallait mettre de l’argent supplémentaire sur la table, ils le feraient”, a souligné un responsable européen.

La conciliation avec les représentants du Parlement européen commencera ensuite. Elle devrait durer “la journée et une partie de la soirée”, ont averti les négociateurs.

L’enveloppe globale du budget de l’UE est fixée pour sept ans et constitue le principal mécanisme de redistribution au sein de l’Union.