
La France s’est ruée au secours de la Tunisie : multiples sont les secteurs économiques ayant été battus en brèches, d’abord par l’ancien régime et ensuite par le simple citoyen. Sans faire dans le sinueux et donner longtemps dans la parlotte, le gouvernement français propose à la Tunisie une série de conventions ayant trait à divers fiefs économiques dans le cadre d’une coopération bilatérale. Nous n’en espérions pas moins.
Alors, depuis les premières visites des ministres français, l’on se frotte les mains pour palper des résultats pour le moins rassurant. Vous en voulez? En voici: le 4 juillet dernier, Eric Besson, ministre français, chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, en retour en Tunisie, a signé un partenariat avec ses homologues tunisiens.
L’opinion publique générale, s’adonnant à son pur plaisir de la critique stérile souvent infondée, s’inscrit en faux quant aux fonds prêtés par la France à la Tunisie. Elle refuserait l’aumône. Pourtant, le choix existant n’est pas terrible: accepter les crédits ou accepter de mettre la clé sous la porte. Nos caisses sont vides, et les dommages collatéraux de la révolution ne cessent de s’affirmer.
Il n’est donc pas question de jouer les fiers et s’entêter à vouloir s’en sortir sans être économiquement blindé. Et puis, il serait plus futé de profiter à bon escient des conventions bilatérales nouvellement signées dans le but de hisser l’économie nationale à l’heure où sa croissance est jugulée par d’interminables grèves et manifestations.
M. Besson a déclaré à propos du partenariat: «nous l’avons signé avec trois enjeux clés: la sécurité énergétique de la Tunisie, son développement économique, social et territorial, la création d’un pôle d’excellence technologique à l’échelle régionale dans les énergies renouvelables, je pense à l’Union pour la Méditerranée et le plan solaire Méditerranéen».
La Tunisie a longtemps été considérée telle une destination privilégiée des investisseurs étrangers, pour la main-d’œuvre bon marché. Aujourd’hui, fini ce cliché préjudiciable, et place à la Tunisie, fournisseur de technologie. Ne sonne-t-il pas mieux? Pas le moindre doute.
Ainsi, deux conventions de coopération tuniso-française dans le domaine des TIC ont-elles été signées entre Adel Gaâloul, secrétaire d’Etat chargé de la technologie, et Eric Besson, son homologue français, lors d’une rencontre tenue au pôle technologique d’El Ghazela. Il s’agit d’un accord de coopération pour la mise en œuvre du programme français «passeport pour l’Economie Numérique» en Tunisie, ainsi qu’une «déclaration commune relative à la coopération dans le domaine du logiciel libre». M. Besson affirme que «la France veut placer le secteur du numérique au cœur de sa coopération avec la Tunisie Nouvelle. Nous souhaitons notamment renforcer la contribution du secteur numérique à la croissance tunisienne et faciliter la formation et l’insertion professionnelle».

Par ailleurs, lancé en 2006 en France, le programme «passeport pour l’économie numérique» renferme l’introduction des technologies de l’information et de la communication au sein des PME, pilier du tissu économique. A ce titre, la France a consacré la somme de 30 mille euros dans le but de mettre en application ce programme sous nos cieux. En outre, une assistance sera accordée à l’Association tunisienne des professionnels dans le domaine du logiciel libre et la Fédération française de l’industrie des logiciels libres, et ce en vertu de «la déclaration commune». Le but étant d’organiser des manifestations communes, d’appuyer des compétences et d’échanger des expertises et des expériences et la réalisation de projets communs dans ce domaine.
Selon le ministre français, l’économie numérique est en passe d’offrir à la Tunisie l’opportunité d’intégrer les diplômés du supérieur, principal plaie du chômage, dans le marché de l’emploi. Par surcroît, les régions intérieures de la Tunisie sont en première loge quant à l’application de ce programme. En toute confiance, Eric Besson atteste de la capacité de la Tunisie de s’affranchir du statut de «pôle d’économie numérique dans la zone euro-méditerranéenne», eu égard à ses compétences et ses ressources humaines.
Comptons sur le soutien assidu de notre chère amie la France, il ne nous reste plus qu’à croiser les doigts pour que ce statut ne s’acquière pas à la Saint-Glinglin.


