La Berd obtient plus de moyens pour aider une Europe de l’Est très fragile

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çaise de l’Economie Christine Lagarde et le président de la Berd Thomas Mirow, à l’ouverture de l’assemblée générale de l’institution le 14 mai 2010 à Zagreb (Photo : Hrvoje Polan)

[14/05/2010 18:22:53] ZAGREB (AFP) Une soixantaine d’Etats ont accepté vendredi à Zagreb d’augmenter de 50% le capital de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), à 30 milliards d’euros, lui donnant ainsi les moyens d’aider une Europe de l’Est à la merci d’une contagion de la crise grecque.

“Nous avons approuvé une augmentation de capital de 10 milliards d’euros, qui va accroître significativement les ressources de la banque”, a déclaré Christine Lagarde, qui préside cette année le conseil des gouverneurs de la Berd, au cours d’une conférence conjointe avec M. Mirow dans la capitale croate, où se déroule jusqu’à samedi l’assemblée générale annuelle de l’institution.

Cette augmentation de capital était la principale mesure au programme de l’assemblée générale qui rassemble les actionnaires de la Berd, à savoir 61 Etats plus l’Union Européenne et son bras financier, la Banque européenne d’investissement (BEI).

La hausse de 50% des fonds propres de la Berd, banque qui soutient les économies de l’ex-bloc soviétique, doit lui permettre de porter ses investissements entre 8,5 et 9 milliards d’euros de 2011 à 2015, après un nouveau montant record de 8 milliards d’euros prévu cette année.

M. Mirow a remercié chaudement les membres de la Berd pour ce soutien, alors que la plupart d’entre eux sont confrontés à de lourdes contraintes budgétaires.

“C’est une très bonne décision que les actionnaires continuent à faire preuve de solidarité envers les pays émergents, en ces temps difficiles”, a-t-il salué.

M. Mirow avait défendu cette augmentation de capital au début de l’assemblée générale, en soulignant qu’elle était nécessaire “pour éviter une chute prématurée de la capacité de la banque à soutenir la reprise” en Europe de l’Est.

Christine Lagarde avait également appuyé cette mesure, jugeant que la Berd, dont certains membres avaient mis en doute l’utilité avant la crise, et qui a été portée sur les fonts baptismaux il y a tout juste vingt ans, remplissait “bien” son rôle.

“Très clairement, l’institution va devoir disposer des moyens nécessaires pour faire face aux défis de l’avenir, car les nuages ne se sont pas éloignés”, avait-elle plaidé.

Grâce à cette rallonge conséquente, qui va porter ses fonds propres de 20 à 30 milliards d’euros, la Berd veut notamment accroître ses actions pour développer les infrastructures, consolider des systèmes financiers encore précaires, lutter contre le réchauffement climatique et également “soutenir et promouvoir l’entrepreunariat, qui est principal moteur de la croissance”, comme l’a souligné le Premier ministre croate Jadranka Kosor.

La banque entend également combattre la menace d’une contagion de la crise budgétaire qui secoue la Grèce et la zone euro aux pays de sa régions, qui sortent à peine de leur pire crise économique depuis la fin de la guerre froide.

“La crise en Grèce peut potentiellement saper les efforts de reprise, en particulier si les banques grecques et leurs filiales régionales venaient à être affectées par les incertitudes sur les marchés, en dépit de leur bonne santé intrinsèque”, avait insisté à ce propos un peu plus tôt M. Mirow, lors d’une réunion de chefs de gouvernement des Balkans.