[25/09/2009 20:21:15] PITTSBURGH, Etats-Unis (AFP)

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La Bourse de New York (Photo : Spencer Platt)

Le sommet des pays riches et émergents du G20 à Pittsburgh pourrait marquer un tournant vers moins de risque pour le système financier mondial, avec un accord annoncé sur les primes des banquiers et traders, et de nouvelles règles en matière de fonds propres.

Réunis aux Etats-Unis un an après la panique qui avait suivi la faillite de la banque d’affaires Lehman Brothers, les dirigeants des plus grandes économies mondiales cherchaient vendredi à poser les fondations d’une finance plus saine.

“L’important c’est que nous parvenions à un ensemble clair de normes qui soient mesurables et appliquables, que les pays s’engagent à mettre en place des réglementations qui donneront de la force à ces normes et lois”, a expliqué jeudi le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner.

Après avoir énoncé les principes lors des précédents sommets de Washington et Londres, le G20 devait recommander vendredi des règles concrètes, a indiqué une source interne au groupe dans la nuit de jeudi à vendredi.

Le communiqué final devrait “limiter les bonus à un pourcentage du produit net bancaire quand ils menacent un niveau de saine capitalisation”, d’après cette source. En clair, il s’agit d’indexer les bonus sur le chiffre d’affaires de la banque en fonction de la solidité de ses fonds propres.

Le texte reprendrait les recommandations du Conseil de stabilité financière (FSB), avec comme principe de base que la rémunération doit être liée à la réussite à long terme et non la prise de risque excessive.

L’ensemble de ces règles est issu d’un consensus qui se dégageait peu à peu depuis la réunion des ministres des Finances à Londres.

Les Européens, Français et Allemands en tête, étaient les plus déterminés sur ce sujet, le président Nicolas Sarkozy évoquant la possibilité de quitter Pittsburgh s’il n’obtenait pas des garde-fous aux bonus.

Les Etats-Unis, traditionnellement plus réticents à s’immiscer dans la vie de leurs entreprises, mais à l’origine de la crise financière, ont senti la nécessité d’agir contre “la prise de risque excessive” qui a sapé la confiance dans leurs banques.

“Nous sommes en fait très proches (…) Nous avons conçu, et vous le verrez demain (vendredi), une série ambitieuse de règles très détaillées, qui soulignent cet engagement”, a souligné jeudi le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner.

La délégation allemande a confirmé vendredi matin l’existence d’un “accord de principe” sur une régulation plus stricte en matière de rémunération et de fonds propres.

Plus technique mais sans doute plus important, le G20 doit s’accorder aussi sur les règles de fonds propres à imposer aux banques, pour qu’elles aient des réserves suffisantes par rapport à leurs prêts et actifs.

Sur le principe d’imposer des normes solides pour éviter la répétition d’une grave crise de solvabilité, le consensus s’était fait.

Mais tout en proclamant la volonté d’améliorer les règles existantes (accords de Bâle II), le communiqué final doit dire comment les Etats-Unis et l’Europe ont réussi à aplanir leurs divergences fondamentales sur la méthode de calcul des fonds propres nécessaires.

D’autres questions comme la réglementation des marchés des produits dérivés et des fonds spéculatifs (“hedge funds”), ou la transparence des agences de notation, avaient bien avancé avant Pittsburgh et seront de nouveau évoquées. Elles attendent des législations nationales coordonnées.

Ces réformes devraient dessiner un paysage financier mondial beaucoup plus surveillé que lors des années fastes.

“Si le G20 ne se montrait pas à la hauteur, est-il vraiment possible que nous soyons condamnés à répéter les mêmes erreurs consistant à accumuler les vulnérabilités dans notre système financier? Etonnament, la réponse est un oui résolu”, prévient l’ancien économiste en chef du Fonds monétaire international, Simon Johnson.