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| écran du site Twitter, au siège social de l’entreprise, à San Francisco, en mars 2009 (Photo : David Paul Morris) |
[21/06/2009 11:32:18] NEW YORK (AFP) La règle est stricte et ne tolère aucune exception: chaque message publié sur le site de micro-blogs Twitter doit être écrit en 140 caractères maximum, soit une vingtaine de mots.
Il en faudrait davantage pour décourager les auteurs et poètes en tout genre qui ont rejoint le site.
Même en 140 caractères, “chaque histoire à un début, un milieu et une fin”, explique Arjun Basu, un Canadien de 42 ans, lors d’une conférence consacrée à Twitter cette semaine à New York.
Connu sous le compte @arjunbasu, M. Basu a commencé son aventure avec Twitter en racontant “une image” qu’il avait “dans la tête”. “Et petit à petit, j’ai construit la suite”, dit-il.
Exemple: “Ils partirent chasser. Tuèrent de grands mammifères. Puis ils virent les animaux à l’abattoir. Le soir, ils mangèrent des salades”.
Ou encore: “Leur mariage ne passa pas la lune de miel. Ils reconnurent s’être trompé. Mais ils restèrent ensemble. A cause des cadeaux”.
Effet de buzz oblige, ses courtes histoires sur Twitter rencontrent un succès plus prononcé que les dizaines et dizaines de pages qu’il a noircies dans le cadre de ses travaux d’auteur “à l’ancienne”.
“J’ai maintenant plus de 6.000 abonnés à mon compte Twitter”, note-t-il. A titre de comparaison, “j’ai publié un livre de nouvelles l’an passé, avec un petit tirage. Deux mille personnes ont peut-être acheté le livre. J’ai donc plus de lecteurs qu’avant”, conclut-il.
S’adapter à la contrainte des 140 caractères a peut-être été plus commode pour les amateurs de haïkus, nombreux sur Twitter. Les haïkus sont de courts poèmes traditionnels japonais à la structure très codifiée, qui se décomposent en trois séquences de cinq, sept puis de nouveau cinq syllabes. Donc grosso modo le même nombre de mots qu’un message Twitter.
“Au milieu d’une ville / la température monte / la fontaine à sec”, peut-on lire, entre autres tercets, sur le compte de @LadyParadis, suivi par quelque 3.800 utilisateurs.
Des sites répertorient même les meilleurs haïkus circulant sur Twitter, rebaptisés “Twaïku” ou “TwiHaïku”, sans parler des “Jeudi de l’haïku”, qui réunissent pléthore de poètes numériques.
M. Basu, qui travaille dans l’édition, confie avoir été surpris par l’accueil réservé à ses histoires et avoir pris un agent pour “voir ce qu’on peut faire avec tout ça”.
“C’est quelque chose que je n’aurais pas pu imaginer”, confie-t-il: “certains utilisent mes histoires à l’école” et “un type en a traduit quelques unes en portugais. Un autre en italien”.
Il dit avoir également été contacté par Filminute, un festival international de films n’excédant pas une minute. 60 secondes d’un côté, 140 caractères de l’autre… ou comment réunir les messagers de l’instantané.
“Ils m’ont mis en contact avec des réalisateurs”, explique M. Basu. “Mes (messages) pourraient être utilisés pour des courts métrages”.
Autre avantage de Twitter, selon lui: une réactivité inégalée. “Vous avez un retour immédiat sur ce que vous écrivez”, dit-il, “et pour un auteur, c’est grisant”. Cela fait de l’écriture un exercice “un peu moins solitaire”.



