[13/05/2009 19:18:21] LONDRES (AFP)

photo_1242228429203-1-1.jpg
à essence (Photo : Behrouz Mehri)

Les cours du pétrole piétinaient près de 58 dollars, jeudi en fin d’échanges européens, l’annonce d’une chute des réserves de brut aux Etats-Unis n’ayant pas eu d’effet sur les prix, freinés par un coup de froid sur les Bourses d’actions.

Vers 16H00 GMT (18H00 à Paris), le Brent de la mer du Nord pour livraison en juin était inchangé par rapport à la clôture de la veille, à 57,94 dollars le baril.

A New York, le baril de “light sweet crude” pour la même échéance prenait 6 cents à 58,91 dollars.

“Le rapport du Département américain de l’Energie (Doe) était haussier mais l’influence des Bourses, en baisse, et d’indicateurs économiques médiocres, a empêché les prix de repasser la barre des 60 dollars”, franchie la veille, a commenté Robert Montesfuco, courtier chez Sucden.

Aux Etats-Unis, les réserves de brut ont reculé de 4,7 millions de barils (mb) la semaine dernière, interrompant 9 semaines d’affilée de hausse, à la surprise des analystes, qui s’attendaient à une augmentation de 1,3 mn.

Autre surprise, les stocks d’essence, attendus stables, ont perdu 4,1 mb. En revanche, les stocks de produits distillés (dont le gazole et le fioul de chauffage) ont augmenté d’1 mb, un peu plus que n’y attendaient les analystes.

Autre facteur de nature à soutenir les cours, des signes de reprise pointent dans les économies émergentes, augurant d’un redémarrage de la consommation d’or noir sur ces marchés.

“Une amélioration des perspectives de demande, en particulier sur les marchés émergents asiatiques, ont apporté un stimulus supplémentaire” aux cours, observaient ainsi les analystes de Barclays Capital. Ils se réfèrent à l’annonce mercredi d’un bond de 7,5% de la cadence des raffineries en Chine, revenues à leur niveau de production le plus élevé depuis juin 2008.

“L’augmentation importante de la monnaie et du crédit va provoquer une croissance vigoureuse de la demande énergétique dans les marchés émergents à court terme”, abonde Francisco Blanch, de la banque Merrill Lynch.

Mais les cours du pétrole n’ont tiré aucun bénéfice de ces annonces en raison d’un coup de froid sur les Bourses, auxquelles ils sont fortement corrélés depuis des semaines. Le Cac 40 a perdu 2,42% à Paris, le Dax de Francfort 2,61%, le Footsie de Londres 2,13%.

Pesant aussi sur les cours, deux grands organismes ont révisé une fois de plus leurs pronostics de demande pétrolière en raison de la crise économique.

Selon l’Organisation des pays exportateurs (Opep), la demande se contractera sur l’année de 1,57 millions de barils par jour (mbj) à 84,03 millions, contre 85,59 millions en 2008, soit une révision en baisse de 200.000 barils par rapport à sa précédente estimation.

La veille, le gouvernement américain avait procédé à un geste similaire. L’agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) voit la demande reculer de 1,8 million de barils par jour (mbj) cette année, à 83,67 mbj, alors qu’elle prévoyait auparavant une baisse de seulement 1,35 mbj.

L’Agence internationale de l’Energie (AIE), bras énergétique de l’OCDE, fermera le bal jeudi. Son directeur, Nobuo Tanaka, a d’ores et déjà indiqué que “la prévision de demande ne changera pas beaucoup pour le moment”.

L’agence s’était montrée plus pessimiste que les autres institutions: dans son rapport du mois d’avril, elle prévoyait une demande mondiale de brut de 83,4 millions de barils par jour (mbj), la plus faible depuis 2004, soit un recul massif de 2,4 mbj (2,8%) sur un an.

Les prix du pétrole, qui s’étaient écroulés à 32,40 dollars en décembre dernier, sont graduellement remontés, avec une accélération du mouvement la semaine dernière. Ils sont repassés la barre des 60 dollars mardi, à la faveur d’un affaiblisssement du billet vert.