[19/04/2009 17:59:42] WASHINGTON (AFP)

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économique du président américain Barack Obama Lawrence Summers, le 9 avril 2009 à Washington (Photo : Chip Somodevilla)

Malgré des premiers signes d’amélioration ces dernières semaines, l’économie américaine fait encore face à des risques importants, a mis en garde dimanche le principal conseiller économique de la Maison Blanche, laissant entendre que le chemin de la reprise serait long.

“L’évolution de l’économie est, comme je l’ai déjà dit, désormais plus contrastée, mais il est vrai aussi que nous devons être prudents car la route de la reprise est encore longue, des risques importants persistent et que nous devons être prêts à faire face à des imprévus”, a-t-il dit dans une interview diffusée sur la chaîne américaine NBC, citant notamment la persistance de problèmes dans l’économie mondiale et l’immobilier commercial américain.

Il se faisait l’écho du président Obama qui avait la semaine passée dit percevoir “des lueurs d’espoir” pour l’économie tout en prévenant les Américains qu’ils n’étaient pas tirés d’affaire et que 2009 resterait une année difficile, avec de nouvelles suppressions d’emplois.

Le renforcement du système financier dont les défaillances sont à l’origine de la plus grave récession depuis la Seconde guerre mondiale, et la mise en place de réglementations plus musclées, restent prioritaires pour la Maison Blanche, a également expliqué Larry Summers.

C’est la raison pour laquelle le président Obama teste l’état de santé du système financier pour s’assurer que les grandes banques américaines seraient capables de faire face à une situation difficile et qu’elles ne constituent pas “un risque systémique”, a-t-il souligné.

“C’est pourquoi nous maintenons la pression sur les banques”, a insisté M. Summers.

Les 19 principaux établissements financiers du pays (ceux contrôlant plus de 100 milliards de dollars d’actifs) sont soumis à un “test de résistance” pour évaluer leur solidité et leurs besoins éventuels en capitaux supplémentaires.

Rahm Emanuel, secrétaire général de la Maison Blanche, a indiqué dimanche sur la chaîne ABC, que le gouvernement disposait des ressources nécessaires en dernier ressort pour s’assurer que ces banques restent financièrement viables et capables de prêter.

Il a aussi écarté une nationalisation temporaire des banques.

“Je pense que nous pourrons éviter cela”, a-t-il dit en réponse à une question” soulignant que les “19 principales institutions financières américaines allaient mieux”. Plusieurs d’entre elles ont annoncé des bénéfices au 1er trimestre.

Larry Summers a aussi dit que Barack Obama était déterminé à s’attaquer aux abus des banques concernant les cartes de crédit, forçant de nombreux Américains à payer des taux d’intérêt très excessifs.

Le président “va très bientôt se pencher sur un ensemble de problèmes liés aux abus concernant les cartes de crédit (où les banques) trompent leurs clients pour leur faire payer des taux d’intérêts extraordinairement élevés qu’ils n’auraient pas versé s’ils en avaient été dûment informés”, a-t-il dit.

“Nous avons besoin de voir l’économie américaine moins dépendante de l’endettement”, a insisté M. Summers. Et pour ce faire, a-t-il dit, il faut “une meilleure réglementation du système financier” et que “les ménages épargnent davantage”.

“C’est pourquoi nous devons mettre fin aux tactiques de marketing qui rendent les Américains dépendants du crédit pour leur permettre d’économiser de nouveau, de se préparer à envoyer leurs enfants à l’université et de prévoir leur retraite”, a-t-il précisé.

“Nous allons avoir besoin d’une économie moins endettée (…) et de revenir à un Etat fédéral comme dans les années 1990, à savoir un Etat contribuant à l’épargne plutôt qu’un frein économique”.