Pétrole : l’AIE revoit à la baisse sa prévision de demande mondiale 2009

Par : AFP
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étrolier près de Bassorah en Irak le 3 février 2009 (Photo : Essam al-Sudani)

[10/04/2009 13:48:26] PARIS (AFP) L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a de nouveau revu en baisse sa prévision de demande mondiale de pétrole en 2009 en raison d’un assombrissement du climat économique, tout en s’inquiétant d’une possible “crise de l’offre” quand l’activité mondiale redémarrera.

Se fondant sur une contraction du PIB mondial de 1,4% cette année alors qu’elle attendait jusqu’à présent une croissance “modeste”, l’AIE a réduit sa prévision de demande mondiale pétrolière de 1 million de barils par jour (mbj) par rapport au mois précédent, souligne son rapport mensuel.

La prévision pour 2009 est ainsi ramenée à 83,4 mbj, la plus faible depuis 2004. Selon l’AIE, la demande mondiale enregistrerait ainsi sur un an un recul de 2,8% “proche” des niveaux de baisse du début des années 1980.

Le recul devrait être particulièrement marqué en Asie et en Europe.

“Le marché asiatique est touché par le déclin de ses exportations indutrielles”, a indiqué à l’AFP David Fyfe, chef économiste à l’AIE. Quant à l’Europe, ajoute-t-il, elle fait à la fois face “à une baisse de l’utilisation du parc automobile et à une contraction de l’usage industriel du pétrole”.

La Chine n’est pas épargnée. Sur les mois de janvier et février, la demande en pétrole y a baissé de 6,9% par rapport à la même période en 2008, fournissant de “nouvelles preuves” du ralentisssement économique dans le pays malgré une croissance soutenue, indique le rapport.

Selon M. Fyfe, la demande chinoise sur l’ensemble de l’année devrait même se contracter par rapport à 2008, ce qui consituerait une première depuis 1990.

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à essence (Photo : Behrouz Mehri)

Commentant les plans de relance pris au niveau mondial, M. Fyfe juge qu’ils ont “le potentiel de stimuler la demande en pétrole dans le futur”, ajoutant toutefois que “la question est de savoir quand cet impact se fera sentir”.

Selon M. Fyfe, le “scénario de travail” de l’AIE table sur une reprise de la demande en 2010 mais “l’incertitude concernant la situation économique reste profonde”.

Dans son rapport, l’Agence rappelle que le cours du brut a récemment dépassé les 50 dollars le baril “pour la première fois en quatre mois”, tout en soulignant que la faible demande devrait limiter les mouvements à la hausse.

A New York, sur le Nymex, le baril de “light sweet crude” pour livraison en mai a fini à 52,24 dollars jeudi.

“Etant donné l’amplitude de la récession, des prix stables autour de 40, 50 dollars sont sans doute une bonne chose”, a estimé M. Fyfe, ajoutant toutefois que “sur le plus long terme, les prix devront problablement augmenter pour générer de nouveaux investissements”.

“Si les entreprises sabrent leurs dépenses dans les prochaines années, il y a un danger que la production pétrolière ait du mal à suivre la demande” au moment de la reprise économique, s’inquiète M. Fyfe, évoquant le risque “une crise de l’offre”.

Dans son rapport mensuel, l’AIE note que la production de brut a baissé de 400.000 bj entre février et mars, à 83,4 mbj, soulignant notamment que la production des pays de l’Opep a atteint en mars “son plus bas niveau depuis cinq ans”, à 27,8 mbj.

M. Fyfe prédit d’ailleurs un un possible “débat” au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) lors du prochain sommet le 28 mai à Vienne. “Certains membres pourraient réclamer de nouvelles baisses de production” alors que d’autres pourraient faire valoir qu’il faut d’abord “mieux appliquer” les réductions existantes.

Fin 2008, l’Opep s’est engagée à réduire de 4,2 mbj son offre et a décidé en mars de maintenir son plafond de production à 24,84 mbj.

L’AIE représente les intérêts énergétiques des 30 membres de l’OCDE, essentiellement des pays industrialisés.