[04/02/2009 09:02:56] PARIS (AFP)

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étaire d?État chargée du Commerce extérieur, le 1er février 2009 à Bombay. (Photo : Indranil Mukherjee)

Le groupe français Areva a annoncé mercredi la signature d’un protocole d’accord pour livrer deux à six réacteurs EPR à l’Inde, un énorme marché depuis la fin de l’embargo datant de 1974, renforçant sa position pour le leadership dans l’industrie nucléaire.

“Areva et Nuclear Power Corporation of India Limited (NPCIL) ont conclu aujourd’hui (mercredi, ndlr) à Delhi un protocole d’accord (…) portant sur l’implantation de deux à six réacteurs EPR”, écrit le groupe dans un communiqué.

“Sur ces six réacteurs, deux devraient être contractés dans l’année”, a déclaré à l’AFP, à New-Delhi, Anne Lauvergeon, présidente du directoire du groupe nucléaire.

“L’Inde est un partenaire et un client de premier ordre”, a-t-elle ajouté, lors d’une conférence de presse. “Nous sommes profondément engagés” dans la coopération avec ce pays.

Le protocole prévoit aussi “la fourniture de combustible pendant toute la durée de vie de ces réacteurs”, soit 60 ans, selon Mme Lauvergeon.

Ils seront construits à Jaitapur dans l’Etat du Maharashtra (ouest).

Le coût d’un EPR étant évalué entre 4 et 6 milliards d’euros, les montants en négociation devraient atteindre au moins 10 milliards d’euros.

Cet accord intervient alors que l’Inde est autorisée depuis l’été dernier à reprendre ses échanges dans le nucléaire civil, après un embargo de 34 ans imposé à la suite de ses essais nucléaires de 1974.

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écembre 2008 (Photo : Jean-Paul Barbier)

Dès septembre, Paris avait signé avec New Delhi un accord politique de coopération dans le nucléaire civil.

L’Inde compte actuellement 17 réacteurs nucléaires en activité, qui fournissent environ 2,5% de l’électricité du pays, selon le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA).

La 10e puissance économique mondiale, qui importe 70% de ses besoins en pétrole, veut 60.000 mégawatts supplémentaires d’énergie nucléaire, soit 100 milliards d’euros d’investissements dans les quinze ans à venir, dont 20 milliards d’euros de contrats potentiels pour les groupes français.

C’est donc un marché prometteur qui s’ouvre à Areva pour exporter son produit phare, le réacteur de troisième génération EPR. Le groupe conforte ainsi ses positions face aux grands concurrents de l’EPR: l’AP1000 de l’américain Westinghouse (groupe Toshiba) et le réacteur à eau bouillante ABWR développé par l’américain General Electric et le japonais Hitachi.

Un EPR est en cours de construction en Finlande où le chantier a pris plus trois ans de retard et un autre en France à Flamanville (Manche). Un deuxième EPR devrait être construit en France à partir de 2012.

Areva a en outre remporté un contrat de fourniture de deux EPR à la Chine (Taishan 1 et 2) en novembre 2007 pour un montant total de 8 milliards d’euros, combustible et services compris.

EDF, grand concurrent d’Areva dans la filière française, a lui annoncé vouloir développer, financer ou construire dix EPR dans le monde d’ici 2020.

Les groupes français GDF Suez et Total ou l’allemand EON ont eux aussi exprimé leur intérêt pour la technologie initialement développée par Areva et Siemens.