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| Le logo de l’agence du groupe de travail temporaire Adecco (Photo : Jacques Demarthon) |
[02/02/2009 12:37:08] PARIS (AFP) Le Conseil de la concurrence a sanctionné les sociétés de travail temporaire Adecco, Manpower et VediorBis à hauteur de 94,4 millions d’euros d’amende, pour entente entre mars 2003 et novembre 2004, a-t-il annoncé lundi dans un communiqué.
Ces trois sociétés se sont entendues “afin de limiter la compétition entre elles vis-à-vis de leurs clients importants”, selon le Conseil de la concurrence. Ce dernier a été saisi par le ministère de l’économie à la suite d’une plainte déposée devant la Commission européenne, qui a transmis le dossier aux autorités françaises.
“Le surcoût pour les entreprises utilisatrices et les conséquences sur l’emploi intérimaire se chiffrent à plusieurs dizaines de millions d’euros”, a souligné le Conseil de la concurrence.
Les sociétés sanctionnées “se coordonnaient fréquemment sur les différents éléments de leur politique commerciale et tarifaire vis-à-vis de leurs clients +grands comptes+, tels que Eiffage, La Poste, Alstom, EDF, Servair, les Galeries Lafayette ou Alcan”, a souligné le Conseil de la concurrence.
Elles échangeaient des informations “sur les coefficients de facturation appliqués aux salaires des intérimaires, sur les remises de fin d’année ou encore sur le niveau des rétrocessions aux entreprises utilisatrices des allègements de charges décidés à l’époque, voire discutaient du montant de leurs offres”.
Ces pratiques ont permis aux trois sociétés d’enregistrer des marges supérieures à celles qui auraient résulté du libre jeu de la concurrence, a indiqué le Conseil de la concurrence.
Le Conseil de la concurrence rappelle que ces sociétés ont déjà été condamnées en 1997 pour avoir participé à une entente visant à limiter les hausses salariales dans le secteur du BTP en Isère et en Savoie à l’occasion de la préparation des JO d’Albertville.
Adecco et sa filiale Adia ainsi que VediorBis, qui n’ont pas contesté les faits, se sont engagés à mettre en place un programme de sensibilisation et un système d’alerte professionelle, ce qui leur a permis de bénéficier d’une réduction de leur sanction.
Deux filiales de Manpower en France ont écopé d’une amende de 42 millions d’euros, Adecco France de 32,5 millions d’euros, Adia de 1,7 million d’euros et VediorBis de 18,2 millions d’euros.
Ces trois sociétés couvrent 70% du marché français et répondent à 90% de la demande des “grands comptes” (entreprises faisant appel de manière régulière et importante à l’interim).



