[12/12/2008 17:30:48] PARIS (AFP)

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énéral d’Alcatel-Lucent, Ben Verwaayen, le 30 octobre 2008 à Paris (Photo : Eric Piermont)

En proie à d’importantes difficultés, renforcées par le ralentissement du marché des télécoms, Alcatel-Lucent a annoncé vendredi un vaste programme d’économies, prévoyant la suppression de 1.000 postes de cadres et la réduction drastique du nombre de ses sous-traitants dans le monde.

Ce “plan stratégique”, détaillé par le nouveau directeur général Ben Verwaayen, prévoit “d’ici le 4e trimestre 2009, sur une base annualisée, une économie totale de 750 millions d’euros à taux de change constant”.

Environ un tiers sera réalisé sur les coûts de fabrication et le reste en recherche et développement – dont le budget s’est élevé en 2008 à quelque 2,5 milliards d’euros – et sur les charges administratives et commerciales.

Outre la réduction d’environ 5.000 sous-traitants sur quelque 10.000, l’équipementier, qui a enregistré sept trimestres de perte consécutifs, va supprimer 1.000 postes de managers sur 15.000 afin de rendre l’organisation “plus souple”, a expliqué M. Verwaayen, sans en préciser la répartition.

Depuis la difficile fusion en 2006 entre le français Alcatel et l’américain Lucent Technologies, le groupe a déjà procédé à plusieurs plans de restructuration, comprenant 16.500 suppressions d’emplois d’ici 2009, dont plus de 1.800 en France.

M. Verwaayen, arrivé en septembre, a le lourd défi de redresser le groupe dans un contexte difficile.

L’équipementier table pour 2009 sur une contraction du marché des télécoms “de 8% à 12% à taux de change constant”, une prévision plus pessimiste que d’autres acteurs du secteur. “Nous avons décidé d’être prudents. Si les autres ont raison, tant mieux. Sinon, nous nous serons organisés”, a affirmé M. Verwaayen.

Dans cette conjoncture morose, Alcatel-Lucent entend maintenir sa part de marché – ce qui se traduira mécaniquement par une baisse de ses ventes – en atteignant “un résultat d’exploitation ajusté proche de l’équilibre”.

Concernant les objectifs 2008, M. Verwaayen s’est refusé à les confirmer ou les infirmer, soulignant: “nous travaillons très dur pour (les) réaliser”.

La Bourse de Paris a sanctionné ces annonces, l’action Alcatel-Lucent perdant en milieu de journée 14,79% à 1,57 euros, dans un marché en baisse de 3,98%.

L’équipementier a souligné que son plan visait à la fois à “améliorer (sa) marge brute”, qu’il vise comprise entre 34% et 36% en 2010 et entre 35 et 39% en 2011, et “l’efficacité de la recherche et développement”.

“Nous allons réorienter nos investissements, en les concentrant sur quatre domaines”, IP (internet), l’optique, le haut-débit fixe et mobile et les logiciels applicatifs, a souligné M. Verwaayen.

Les investissements seront ainsi renforcés dans des domaines prioritaires comme la LTE (4e génération de téléphonie mobile) et “rationalisés sur les produits matures”, tel le GSM, selon le groupe, qui a par ailleurs indiqué que la vente de sa part de 20,8% dans Thales était “en bonne voie”.

Si la CFE-CGC, syndicat des cadres, a estimé que “la stratégie était claire et bonne”, M. Verwaayen ayant pris “acte du changement de nature des télécommunications”, la CFDT l’a jugée “un peu floue”.

“Cela manque de contenu”, a déclaré à l’AFP Laurent du Mouza, responsable CFDT, en déplorant que l’organisation sur le terrain “ne soit toujours pas détaillée”.

Côté social, “même si on ne supprime pas de postes de salariés (outre ceux des cadres), on sait bien que derrière ça va être la soupe à grimace. On comprend qu’il n’y aura pas d’augmentation salariale”, a-t-il affirmé.