Après la crise financière, l’Europe envisage des mesures sur la croissance

[16/10/2008 19:40:26] BRUXELLES (AFP)

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ésident en exercice de l’UE Nicolas Sarkozy, le 16 octobre 2008 à Bruxelles (Photo : Jean-Christophe Verhaegen)

Les dirigeants européens se sont mis d’accord jeudi pour envisager des mesures face à la récession économique qui menace dans le sillage de la crise financière, mais restent très divisés sur leur plan d’action contre le réchauffement climatique.

Après s’être entendus sur un plan massif de sauvetage des banques, les pays de l’UE ont annoncé qu’ils prendraient “les mesures nécessaires pour soutenir la croissance et l’emploi” face au ralentissement inquiétant de l’activité, dans le texte final publié à l’issue d’un sommet de deux jours à Bruxelles.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont demandé à la Commission européenne de “formuler d’ici la fin de l’année des propositions adaptées, notamment pour préserver la compétitivité internationale de l’industrie européenne”.

Les Européens, France en tête, pensent tout particulièrement à l’automobile, qui traverse une passe difficile. Les constructeurs ont multiplié les annonces de suppressions d’emploi dans le secteur ces dernières semaines.

Au-delà, l’idée d’un plan de relance généralisé, suggéré par le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer, ne semble pas à l’ordre du jour. Le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker a rejeté sèchement l’idée en expliquant que cela contribuerait seulement à creuser des déficits publics déjà importants.

Il s’est borné à assurer que le plan européen de soutien aux banques, qui a été validé par l’ensemble des 27 pays de l’UE à Bruxelles et s’élève à quelque 2.000 milliards d’euros, devrait permettre à l’Europe d’éviter la récession.

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ésident de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, le 16 octobre 2008 à Bruxelles (Photo : John Thys)

Le ralentissement économique en cours, que la crise financière va aggraver en rendant plus difficile l’accès des ménages et entreprises aux prêts bancaires, maintient les places boursières sous tension. Elles restaient très volatiles jeudi.

L’autre priorité des Européens est d’obtenir une refonte du système financier international allant dans le sens d’un plus grand contrôle. Ils reprochent aux Etats-Unis d’avoir trop longtemps refusé d’intervenir au nom du libéralisme économique, ce qui a permis aux investisseurs de réaliser des opérations toujours plus risquées et opaques.

Le président Sarkozy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso doivent rencontrer samedi à Camp David le président George W. Bush pour en discuter, et préparer le sommet mondial que les Européens appellent de leurs voeux en novembre pour reconstruire le système financier.

“L’Europe veut le sommet avant la fin de l’année, l’Europe le demande et l’Europe l’obtiendra”, a martelé M. Sarkozy jeudi.

“L’Europe se battra pour que ce sommet se traduise par des décisions concrètes et pas simplement par des principes”, a-t-il également insisté.

L’unité européenne est moins évidente sur la question du plan d’action de l’UE contre le réchauffement climatique, que plusieurs pays trouvent pénalisant pour leurs industries.

Les Etats critiques, Italie et Pologne en tête, ont obtenu que ce plan soit approuvé “à l’unanimité” par les dirigeants de l’UE lors de leur sommet en décembre.

La présidence française reconnaît ainsi un droit de veto à ceux qui seraient en désaccord avec les moyens à mettre en oeuvre pour parvenir à l’objectif affiché d’une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre de l’UE en 2020, par rapport à 1990.

“Nos entreprises ne sont absolument pas en mesure aujourd’hui de supporter les coûts de la réglementation proposée”, a argumenté le chef du gouvernement italien pour expliquer son opposition à l’effort demandé en matière de réduction des émissions.

Par ailleurs, les Européens se sont abstenus lors de leur sommet de relancer les négociations visant à renforcer leurs liens avec Moscou. Ils espèrent le faire lors d’un sommet avec le président russe Dmitri Medvedev mi-novembre.

Ces négociations avaient été suspendues pour condamner la main-mise de la Russie sur les territoires séparatistes géorgiens d’Abkhazie et d’Ossétie du sud.