Une “petite anglaise”, licenciée pour son blog, gagne aux prud’hommes

 
 
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[30/03/2007 19:23:50] PARIS (AFP) Une secrétaire de direction anglaise, Catherine Sanderson, licenciée à cause de son blog, a gagné son procès: le conseil des prud’hommes de Paris vient de condamner son ex-employeur, le cabinet d’expertise comptable Dixon Wilson, à lui verser des dommages-intérêts.

“Je suis très soulagée et très contente”, a déclaré vendredi à l’AFP Catherine Sanderson, 34 ans, congédiée en avril 2006 par le bureau parisien de cette société britannique pour avoir tenu un blog anonyme intitulé “Petite anglaise” dans lequel elle évoquait parfois la vie “so british” de son bureau.

Le Conseil des prud’hommes a condamné jeudi Dixon Wilson à verser près de 44.000 euros de dommages-intérêts à la jeune femme – l’équivalent d’un an de salaire -, a expliqué cette dernière. Les motifs du jugement seront rendus publics dans une quinzaine de jours.

Interrogée par l’AFP, la société, installée avenue de l’Opéra à Paris, s’est refusée vendredi à tout commentaire. Elle a un mois pour faire appel de la décision.

Catherine Sanderson, qui est sortie depuis peu de son anonymat, reconnaît qu’elle rédigeait parfois son blog www.petiteanglaise.com. sur ses heures de travail – “je n’allais pas regarder les murs quand j’avais un temps mort”, dit-elle. Elle se moquait à l’occasion de son chef mais sans le nommer ni mentionner le nom de la société sur son blog en langue anglaise lancé en juillet 2004. “Je parlais surtout de ma vie privée, de ma vie à Paris”, dit-elle.

Cette célibataire, mère d’une fille de trois ans, y avouait également qu’il lui était arrivé une ou deux fois de donner de faux motifs d’absence à son employeur quand elle avait des problèmes de garde d’enfant. Elle reconnaît qu’elle a eu tort mais elle considère que son renvoi a été “trop brutal”.

La jeune femme blonde sait “à présent” qu’elle a été dénoncée par un collègue à qui elle avait confié qu’elle tenait un blog. Ce qui lui a valu un licenciement pour “cause réelle et sérieuse et perte de confiance”.

“J’ai toujours eu l’impression que mon licenciement avait constitué une sanction beaucoup trop rude et clairement les prud’hommes sont allés dans mon sens”, estime-t-elle.

La presse anglaise s’est passionnée l’été dernier pour les déboires de la “petite anglaise”, en qui elle voit une Bridget Jones de la blogosphère. Son site est très visité et elle a reçu beaucoup de commentaires de soutien.

La jeune femme a signé depuis un contrat avec l’éditeur britannique Penguin pour écrire deux livres, dont l’un d’après son blog prévu pour janvier 2008.

“La décision du conseil des prud’hommes devrait envoyer des signaux rassurants à des millions de blogueurs en France”, considère Catherine Sanderson.

La “blogosphère” se demande déjà si cette décision peut faire jurisprudence. Mais certains spécialistes de droit soulignent qu’il ne s’agit que d’une décision de première instance et que les décisions de justice varient d’une situation à l’autre. En outre, les motifs du jugement ne sont pas encore connus.

 30/03/2007 19:23:50 – © 2007 AFP