Pétrole : record historique du Brent au-dessus de 70 dollars à Londres

Par : Autres

 

___________________________________

 

SGE.IVR85.130406200842.photo01.quicklook.default-245x196.jpg

Une installation
pétrolière près de la ville saoudienne de Dammam, en 2004

Les prix du pétrole ont encore progressé jeudi,
le Brent établissant un nouveau record historique au-dessus de 70 dollars le
baril à Londres, sur fond de tensions persistantes entre l’Iran et
l’occident et de craintes de pénurie d’essence aux Etats-Unis.

Sur le New York
Mercantile Exchange (Nymex), le baril de “light sweet crude” pour livraison
en mai a pris 70 cents, clôturant à 69,32 dollars.

 

Sur l’IntercontinentalExchange
(ICE), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a atteint
70,72 dollars en séance, nouveau record depuis le début de sa cotation sous
sa forme actuelle en juin 1988. Il a clôturé en hausse de 71 cents à 70,57
dollars.

 

Le prix du baril de
pétrole reste toutefois en dessous des 80 dollars (en monnaie d’aujourd’hui)
atteints après la révolution iranienne de 1979.

 

“Pour un opérateur sur
le marché pétrolier, 70 dollars est un seuil auquel il est difficile de
résister une fois qu’il est à votre portée”, a réagi Kevin Norrish, analyste
à la banque Barclays Capital.

 

“Une fois qu’on s’en
approche assez, vous pouvez être sûr qu’un opérateur va tenter de le percer,
pour tester les limites du marché”, a-t-il ajouté.

 

Cette poussée survient
sur un marché toujours inquiet des tensions persistantes entre l’Iran et la
communauté internationale à propos du programme nucléaire de la République
islamique, qui a fait savoir jeudi qu’elle refusait de suspendre son
enrichissement d’uranium.

 

L’Iran est le quatrième
producteur mondial d’or noir et les analystes évaluent depuis quelques temps
la probabilité et les conséquences d’une interruption de ses exportations en
représailles à d’éventuelles sanctions des Nations unies.

 

En outre, le marché est
tiré vers le haut par les craintes d’une pénurie d’essence cet été aux
Etats-Unis, quand la consommation touchera son pic.

 

Mercredi, le
département américain de l’Energie (DoE) a révélé que les stocks d’essence
américains avaient reculé de 3,9 millions de barils la semaine dernière,
confirmant une tendance qui se prolonge depuis plus d’un mois.

 

Alors que la demande ne
faiblit pas, les raffineries américaines ont du mal à suivre, handicapées
par l’application de nouvelles normes environnementales et par des périodes
de maintenance prolongées, alors qu’elles se remettent encore des dégâts de
l’ouragan Katrina cet été.

 

Depuis un plus bas le
15 février dernier, les cours de l’essence ont bondi de plus de 50% à New
York, entraînant le brut dans leur progression. Jeudi, le contrat rapproché
d’essence a clôturé à 2,11 dollars le gallon (3,78 litres).

 

Par ailleurs, le marché
reste privé d’une production d’entre 500.000 et 600.000 barils de pétrole
nigérian, d’une qualité très prisée des raffineurs, car il est léger et plus
facile à transformer en essence.

 

Du coup, l’abondance
des stocks de brut aux Etats-Unis, un facteur censé théoriquement apaiser
les cours, peine à enrayer la spirale haussière entretenue par le manque de
produits transformés.

 

Les réserves de pétrole
brut ont progressé deux fois plus que prévu la semaine dernière aux
Etats-Unis, s’établissant à leur plus haut niveau depuis mai 1998. Mais à
Londres, où le niveau des réserves de brut américain est sans conséquences,
cela ne se traduit pas par un apaisement des prix.

 

“C’est la raison pour
laquelle le pétrole coûte plus cher à Londres qu’à New York”, explique Kevin
Norrish.

 

Toutefois, le brut
pourrait “mettre à l’épreuve son record historique de 70,85 dollars avant
l’expiration du contrat de mai jeudi prochain”, a estimé Jim Ritterbusch,
analyste chez Ritterbusch ans Associates, indiquant que le brut devrait à
nouveau être dopé par la hausse des prix de l’essence.

 

Le baril de brut avait
atteint 70,85 dollars le 30 août 2005 à New York, au lendemain des ravages
causés par le cyclone Katrina sur les infrastructures pétrolières du golfe
du Mexique.

 

©
AFP 2006

Photo : Bilal Qabalan