Le système tunisien de facturation électronique a reçu près de 1,8 million de factures, selon les chiffres présentés le 3 novembre 2026 par la ministre des Finances. Derrière cette progression numérique, les entreprises restent confrontées à des enjeux d’intégration technique, de conformité fiscale et d’organisation comptable.
Un volume important, mais une adoption difficile à mesurer
Près de 1,8 million de factures électroniques ont été reçues par le système national, dont environ 37 000 réglées, selon le bilan communiqué par la ministre des Finances, Mechkat Slama Khaldi, devant les commissions parlementaires chargées du budget 2027.
Ces données attestent d’une activité enregistrée sur la plateforme, mais ne suffisent pas à mesurer son adoption par les entreprises. Le nombre d’utilisateurs actifs, la période couverte et les délais de traitement ne sont pas précisés.
De même, les 37 000 règlements annoncés ne permettent pas de conclure à un dysfonctionnement des paiements sans connaître les échéances et la nature des factures concernées.
Des contraintes techniques toujours sensibles
L’intégration au dispositif suppose notamment une adhésion au réseau, l’utilisation d’une signature électronique, le respect du format technique des factures et leur transmission à la plateforme gérée par Tunisie TradeNet.
Ces exigences peuvent nécessiter une adaptation des logiciels et des procédures internes. Dès janvier 2026, le ministère des Finances avait reconnu les difficultés d’accès aux plateformes rencontrées notamment par les petites et moyennes entreprises, justifiant une application souple de certaines dispositions.
La comptabilité face à de nouvelles exigences
Pour les services comptables, la dématérialisation implique une attention accrue à la qualité des données, aux références des factures, à leur archivage et à leur rapprochement avec les opérations enregistrées.
La traçabilité numérique pourrait faciliter certains contrôles et échanges documentaires. Toutefois, aucun bilan chiffré accessible ne permet encore d’établir une réduction effective des coûts administratifs ou des délais de traitement.
L’enjeu dépasse donc le volume de factures enregistrées : il consiste à mesurer la capacité des entreprises à utiliser durablement le système, sans multiplier les contraintes de conformité.
EN BREF
- Le ministère des Finances fait état de près de 1,8 million de factures électroniques reçues par le système national.
- Environ 37 000 factures ont été présentées comme réglées, sans précisions suffisantes pour évaluer les délais de paiement.
- Les entreprises doivent composer avec des exigences de signature électronique, de format technique et d’archivage.
- Les difficultés d’accès aux plateformes, notamment pour les PME, ont été reconnues par le ministère.
- Le bilan disponible ne permet pas encore de mesurer précisément les gains de productivité, les coûts d’adaptation ou le taux d’adoption du dispositif.


