À Rimini, le consortium italien CONOU a présenté son dispositif de collecte et de régénération des huiles minérales usagées. En 2025, 194 500 tonnes ont été récupérées, dont plus de 98 % orientées vers la régénération. Une expérience qui permet d’interroger les performances de la filière tunisienne.

Présenté jeudi 5 novembre à Ecomondo, le modèle italien repose sur une organisation nationale associant collecteurs et industriels. Les résultats dévoilés par le CONOU proviennent de son bilan 2025, publié le 23 juin 2026.

Le réseau comprend 58 concessionnaires, deux entreprises de régénération et trois installations spécialisées. Sa mission consiste à récupérer les huiles minérales usagées et à les orienter vers des unités capables de produire de nouvelles bases lubrifiantes.

Un taux de 98 % à bien interpréter

Le chiffre mis en avant par le consortium mesure la proportion des huiles collectées envoyées en régénération. Il ne correspond pas à la quantité de bases lubrifiantes finalement obtenue après traitement.

Cette distinction est essentielle pour apprécier les performances industrielles. La collecte mesure la capacité à récupérer les déchets, tandis que le rendement de régénération renseigne sur la production effectivement valorisable.

La qualité des huiles récupérées, leur acheminement et la régularité des approvisionnements influencent également le fonctionnement des installations. Le dispositif italien associe ainsi organisation logistique et capacités industrielles.

Tunisie : des capacités autorisées, des résultats à documenter

En Tunisie, des entreprises disposent déjà d’autorisations pour valoriser les huiles lubrifiantes usagées.

Selon une liste de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGED), la SOTULUB, implantée à Zarzouna, bénéficie d’une quantité autorisée de 16 000 tonnes par an. New Lubricants Company, à Sfax, figure également dans ce document avec 5 000 tonnes annuelles.

Ces volumes administratifs ne doivent toutefois pas être assimilés aux quantités effectivement traitées.

Pour établir une comparaison pertinente avec l’Italie, trois indicateurs seraient nécessaires sur une même période : les tonnages réellement collectés, les volumes dirigés vers la régénération et les quantités de bases lubrifiantes produites.

L’expérience italienne montre surtout l’intérêt de suivre séparément chaque étape de valorisation, depuis la récupération des déchets jusqu’à leur transformation en matières premières réutilisables.

CHIFFRES CLÉS

  • 194 500 tonnes d’huiles minérales usagées collectées en Italie en 2025.
  • Plus de 98 % des huiles collectées orientées vers la régénération.
  • 58 concessionnaires dans le réseau CONOU.
  • 3 installations exploitées par deux entreprises de régénération.
  • 16 000 et 5 000 tonnes/an : quantités autorisées respectivement pour la SOTULUB et New Lubricants Company, selon le document ANGed fourni, non revérifié.

CONOU — Rapport de durabilité et bilan 2025