La pauvreté monétaire est passée de 28,2 % à 25,7 % entre 2019 et 2025 en Mauritanie. Les résultats définitifs de l’enquête sur les conditions de vie, présentés le 2 novembre 2026, confirment cette amélioration. Mais la hausse de 42,6 % des prix alimentaires souligne la pression persistante sur les ménages.

Une amélioration statistique face à l’inflation

La Mauritanie enregistre un recul de 2,5 points de la pauvreté monétaire en six ans. L’extrême pauvreté diminue également, de 12,8 % à 11,2 %, selon les résultats de l’enquête réalisée par l’ANSADE.

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Cette évolution intervient alors que les prix à la consommation ont augmenté de 30,6 %, et ceux de l’alimentation de 42,6 %. Le progrès statistique ne signifie donc pas que les ménages ont retrouvé les niveaux de prix de 2019.

Croissance et transferts : quels effets ?

Les résultats préliminaires présentés en août attribuaient environ 82 % du recul de la pauvreté à l’amélioration du niveau de vie, les mécanismes redistributifs jouant un rôle complémentaire.

Cette décomposition reste à confirmer dans le rapport définitif. Le gouvernement estime que ses mesures de soutien ont atténué les effets de l’inflation, sans préciser dans sa communication finale leur contribution chiffrée.

Des progrès sociaux encore inégaux

La pauvreté multidimensionnelle recule de 58,7 % à 54,7 %. La couverture d’assurance maladie progresse de 6,4 % à 11,9 %, tandis que la proportion de ménages disposant d’un robinet à domicile atteint 52,6 %, contre 39,4 % en 2019.

Les données préliminaires soulignaient cependant la persistance de la pauvreté rurale et son extension dans les périphéries urbaines.

L’enjeu est désormais de déterminer quels territoires et catégories de ménages bénéficient réellement de ces progrès, et dans quelle mesure les politiques publiques protègent durablement leur pouvoir d’achat.

CHIFFRES CLÉS

  • 25,7 % : taux de pauvreté monétaire en 2025.
  • 11,2 % : taux d’extrême pauvreté.
  • +42,6 % : hausse cumulée des prix alimentaires.
  • +30,6 % : hausse des prix à la consommation.
  • 11,9 % : population couverte par l’assurance maladie.
  • 52,6 % : ménages disposant d’un robinet à domicile.

AMI — Présentation officielle des résultats définitifs de l’EPCV