La Libye a rendu public, le 2 novembre 2026, son projet de grille salariale unifiée, assorti d’indemnités pouvant atteindre 70 %. Si la réforme vise à harmoniser les rémunérations publiques, son coût budgétaire reste à établir. Une institution nationale des droits humains réclame déjà sa révision.
Des rémunérations différenciées selon les fonctions
Le ministère libyen des Finances a publié les barèmes et les indemnités associés au projet de loi sur les rémunérations publiques. Selon l’agence LANA, le salaire de base du premier grade varierait de 1 000 à 1 200 dinars libyens (LYD), contre 4 312 à 4 912 dinars pour le seizième.
Les indemnités proposées accentuent les différences entre catégories professionnelles. Les agents des organismes de contrôle, enquêteurs et inspecteurs bénéficieraient d’une majoration de 70 %. Les médecins, universitaires, chercheurs et certains personnels pétroliers percevraient 50 %.
Les enseignants recevraient 20 %, les personnels administratifs et de service 15 %. Les agents non permanents seraient exclus de cette indemnité spécifique.
Une facture budgétaire encore inconnue
La question centrale concerne le financement de cette grille.
Salaires publics : la Libye passe à l’ère du contrôle instantané
Selon des données de la Banque centrale précédemment rapportées par WMC, les dépenses salariales libyennes ont atteint 73,3 milliards de LYD en 2025. Cette référence souligne l’importance budgétaire d’une réforme touchant les rémunérations publiques.
Mais les nouveaux barèmes ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer le surcoût. Celui-ci dépendra des effectifs concernés, de leur classement, des indemnités déjà versées et des règles de substitution aux dispositifs existants.
Les bénéficiaires potentiels des majorations les plus élevées sont identifiables. Leurs gains nets, en revanche, restent indéterminés.
Le pouvoir d’achat au centre de la contestation
Le Conseil national des libertés et des droits humains rejette le projet dans sa forme actuelle. Il estime que les rémunérations proposées ne répondent pas suffisamment à la hausse du coût de la vie et à l’érosion du pouvoir d’achat.
Il demande une révision tenant compte des besoins des ménages.
L’arbitrage reste entier : améliorer les salaires réels sans accroître durablement les déséquilibres des finances publiques.
CHIFFRES CLÉS
- 1 000 à 1 200 LYD : salaire de base proposé au premier grade.
- 4 312 à 4 912 LYD : salaire de base proposé au seizième grade.
- 70 % : indemnité maximale annoncée pour certaines fonctions de contrôle.
- 50 % : indemnité prévue notamment pour les médecins et universitaires.
- 15 % : indemnité prévue pour les fonctions administratives et de service.
- 73,3 milliards LYD : dépenses salariales publiques rapportées pour 2025, sans lien de coût direct établi avec le projet.
Libyan News Agency — Publication du projet de grille salariale


