Le Caire et Berlin renforcent leurs discussions sur le financement du réseau électrique par conversion de dette. Une approche qui interroge la capacité de la Tunisie à transformer ses engagements financiers en investissements énergétiques.
L’Égypte et l’Allemagne examinent de nouveaux projets de modernisation électrique dans le cadre de leur coopération climatique. Selon les autorités égyptiennes, les échanges portent notamment sur une subvention de 17,5 millions d’euros et une conversion de dette de 50 millions d’euros, déjà inscrite dans leur coopération antérieure.
L’enjeu dépasse le financement des énergies renouvelables : il consiste à renforcer les infrastructures capables d’accueillir leur production.
Tunisie-CESAO : Nafti plaide pour la conversion de la dette en financement climatique
Financer le réseau, pas seulement les centrales
Les projets évoqués comprennent des postes de transformation, des lignes de raccordement et des équipements destinés à stabiliser le réseau national.
Dans le cadre de la plateforme égyptienne NWFE, consacrée à l’eau, à l’alimentation et à l’énergie, cette coopération doit faciliter l’intégration des capacités renouvelables.
D’autres investissements sont discutés : stockage par batteries, réhabilitation d’installations hydroélectriques à Assouan et création d’un centre de contrôle des productions renouvelables décentralisées.
Le mécanisme de conversion consiste à réorienter, selon les conditions négociées avec le créancier, une partie des obligations de dette vers des projets de développement. Il ne constitue toutefois ni un effacement automatique de dette ni une ressource budgétaire sans contrepartie.
Et pour la Tunisie ?
La piste n’est pas nouvelle. La Tunisie a déjà bénéficié de conversions de dette avec l’Allemagne et examine d’autres dispositifs de financement climatique, notamment avec l’appui de la CESAO.
L’expérience égyptienne suggère néanmoins un axe concret : associer ces mécanismes au renforcement des réseaux électriques, à leur modernisation et à l’intégration des renouvelables.
Analyse WMC — Pour la Tunisie, la possibilité dépendrait de trois conditions : disposer de projets techniquement préparés, obtenir l’accord des créanciers et garantir une utilisation transparente des fonds convertis.
La conversion de dette ne remplacerait pas une stratégie globale de financement énergétique. Elle pourrait toutefois contribuer à financer certains investissements prioritaires, à condition de démontrer leur efficacité économique et climatique.
CHIFFRES CLÉS
- 50 millions d’euros : tranche de conversion de dette signée entre l’Égypte et l’Allemagne en novembre 2025.
- 17,5 millions d’euros : subvention mentionnée dans les discussions bilatérales.
- 340 millions d’euros : montant du programme historique de conversion de dette Égypte–Allemagne, selon les autorités égyptiennes.
- 2026 : année des nouvelles discussions sur le renforcement du réseau électrique.


