La guerre avec l’Iran et la flambée des prix des hydrocarbures pourraient accélérer la transition énergétique, selon TotalEnergies. Mais les projections du groupe montrent qu’une électrification plus rapide ne signifie pas la disparition prochaine du pétrole et du gaz.
CORPS DE L’ARTICLE
Le pétrole cher pourrait produire un effet paradoxal : encourager les consommateurs à réduire leur dépendance aux carburants fossiles. Dans ses perspectives énergétiques publiées le 2 novembre 2026, TotalEnergies estime que la crise iranienne pourrait accélérer l’adoption des véhicules électriques et des technologies bas carbone.
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Les véhicules électriques profitent du choc pétrolier
Le groupe observe une accélération des ventes de voitures électriques en Europe, en Asie et en Amérique latine depuis le deuxième trimestre 2026. Le renforcement des obligations d’incorporation de biocarburants contribue également à transformer les modes de consommation.
Toutefois, cette évolution ne constitue pas encore un basculement irréversible. Aurélien Hamelle, responsable de la stratégie et du développement durable de TotalEnergies, estime que la demande pétrolière pourrait rebondir lorsque les prix se normaliseront.
L’aviation et la pétrochimie pourraient notamment compenser une partie des économies de pétrole réalisées grâce aux véhicules électriques.
Le gaz reste en croissance
Les projections énergétiques illustrent cette coexistence. Dans son scénario tendanciel, TotalEnergies anticipe une progression de 12,5 % de la demande mondiale de gaz naturel entre 2025 et 2035, à 4 780 milliards de mètres cubes.
Parallèlement, la consommation mondiale d’électricité passerait de 31 900 TWh en 2025 à 59 300 TWh en 2050.
Ces trajectoires ne sont pas contradictoires : l’électrification des usages peut progresser alors que certaines activités industrielles et les besoins énergétiques mondiaux continuent de soutenir les hydrocarbures.
Une transition durable encore incertaine
La question centrale reste celle de la permanence des changements provoqués par la crise. Une hausse exceptionnelle des prix peut accélérer les décisions d’équipement, sans nécessairement transformer durablement la structure de la demande.
Pour les économies importatrices d’énergie, l’enjeu dépasse donc les seules voitures électriques : il concerne aussi les investissements dans les réseaux, la production électrique et la sécurité d’approvisionnement.
L’accélération annoncée reste une possibilité, pas encore un tournant définitivement acquis.
CHIFFRES CLÉS
- +12,5 % : hausse projetée de la demande mondiale de gaz entre 2025 et 2035.
- 4 780 milliards de m³ : demande mondiale de gaz prévue en 2035.
- 31 900 TWh : demande mondiale d’électricité en 2025.
- 59 300 TWh : demande mondiale d’électricité projetée en 2050.
- 2026 : année de l’accélération observée des ventes de véhicules électriques.


