Les effets négatifs des changements climatiques sur le milieu professionnel et le développement des ressources humaines, ainsi que des moyens de limiter leurs répercussions sur la santé et la sécurité des travailleurs, ont été au centre d’un débat au cours d’un atelier de travail organisé lundi par le ministère des affaires sociales, en collaboration avec l’Organisation arabe du travail (OAT) ayant pour thème “l’impact des changements climatiques sur le développement des ressources humaines”.
Cette rencontre s’est déroulée en présence du ministre des affaires sociales, Issam Lahmar, du directeur général de l’OAT Fayez Ali Al-Mutairi, des cadres du ministère et des experts.
Le ministre des affaires sociales a souligné que le choix de consacrer un axe de discussion au thème des changements climatiques, parmi les autres facteurs qui influent sur le monde du travail, telles que les mutations économiques, sociales et numériques, témoigne d’une prise de conscience croissante de la nécessité d’étudier ces phénomènes et d’élaborer des approches adaptées à ces changements.
Lahmar a affirmé que cette démarche pourrait contribuer à la mise en place de stratégies et de programmes d’action garantissant la sécurité au travail et la stabilité de la production, dans le contexte des enjeux auxquels les entreprises et les travailleurs sont confrontés, face aux changements climatiques.
A cet égard, il a rappelé les recommandations de la 52ᵉ session de la Conférence arabe du travail, organisée par l’Organisation arabe du travail en septembre 2026, sur les changements climatiques et leurs effets sur le milieu professionnel, qui visent à réduire les conséquences du réchauffement climatique sur les conditions de travail, la santé, la sécurité des travailleurs et la productivité.
Il a souligné que ces recommandations constituent une référence pour les pays arabes afin d’intégrer le développement durable dans leurs politiques de développement et l’économie à même de renforcer la capacité des économies et des marchés de l’emploi à faire face aux effets des changements climatiques.
Concernant les efforts nationaux, le ministre des affaires sociales a précisé que la Tunisie s’emploie à relever ces défis à travers le développement des législations et le renforcement de la formation des agents dans les domaines de la santé et de la sécurité au travail, outre le recours aux techniques de prévention et de sécurité.
Ces efforts visent également à favoriser un environnement de travail adapté qui protège les travailleurs contre les risques d’asphyxie et des maladies professionnelles, afin de garantir leur sécurité, vu qu’ils constituent le capital humain de l’entreprise, a-t-il expliqué.
De son côté, le directeur général de l’Organisation arabe du travail a indiqué que cet atelier s’inscrit dans le cadre des efforts de l’organisation visant à renforcer le dialogue et l’échange de points de vue et d’expériences sur les moyens de réduire les effets des changements climatiques et à développer les capacités des compétences tunisiennes afin qu’ils puissent s’adapter à l’évolution des marchés de l’emploi.
Il a expliqué que les effets des changements climatiques ont touché les différents secteurs de la production et des services, et imposé une nouvelle réalité pour les gouvernements, les entreprises et les travailleurs.
Le directeur de l’OAT a relevé que ces mutations ont ouvert de nouvelles perspectives liées à l’économie verte : réduction des émissions de gaz, recours aux énergies renouvelables et développement de compétences adaptées aux nouveaux modes de production.
Il a ajouté que la réduction des effets des changements climatiques ne se limite pas aux mesures environnementales, mais exige également, d’accompagner les mutations sociales et d’élaborer des programmes et des stratégies pour protéger les travailleurs et développer leurs capacités, tout en accordant une attention particulière aux groupes les plus vulnérables.
Al-Mutairi a annoncé que l’Organisation arabe du travail présentera, au cours de 35ème session de la Conférence arabe du travail, un projet sur le stress thermique, en vue de répondre aux défis climatiques auxquels les pays arabes sont confrontés.
Par ailleurs, Abdessattar Mouelhi, expert auprès de l’OAT et enseignants à l’Université de la Manouba, a présenté un exposé sur le droit international de l’environnement, les législations, et les conventions internationales y afférents, passant en revue la déclaration de Stockholm, la convention de Paris de 1972 et la déclaration de Paris de 2015, qui appellent les pays à réduire les effets des changements climatiques dans le cadre d’une législation souple à caractère non obligatoire.


