Le Nasdaq 100 reculait de plus de 5,8 % en octobre au 30 du mois, selon Reuters, menaçant plus de 2 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Derrière cette correction, une interrogation : les géants technologiques pourront-ils rentabiliser suffisamment vite leurs investissements massifs dans l’intelligence artificielle ?

Des milliards investis, des rendements encore incertains

L’intelligence artificielle entre dans une nouvelle phase financière. Après avoir soutenu les valorisations des grandes entreprises technologiques, la course aux infrastructures suscite désormais des interrogations sur sa rentabilité.

Meta, Alphabet et Amazon ont relevé leurs prévisions d’investissements pour développer leurs capacités de calcul et leurs centres de données. Mais ces dépenses immédiates ne garantissent pas des revenus équivalents à court terme.

La correction du Nasdaq 100 illustre ce changement d’appréciation. Les investisseurs ne contestent pas nécessairement le potentiel économique de l’IA : ils interrogent le calendrier de récupération des capitaux engagés.

Le risque gagne les marchés du crédit

L’enjeu dépasse les cours boursiers. Pour financer leurs infrastructures, les entreprises technologiques mobilisent davantage les marchés de capitaux.

Cette évolution accroît leur exposition au coût de l’emprunt. Lorsque les rendements tardent à se matérialiser, le recours à la dette peut peser sur les flux de trésorerie et la capacité à financer de nouveaux projets.

Le signal est particulièrement visible chez Meta : le 30 octobre, S&P Global a révisé de stable à négative la perspective associée à sa notation de crédit, invoquant les incertitudes entourant ses dépenses et ses flux financiers futurs.

Un marché colossal, mais une équation exigeante

Selon J.P. Morgan Global Research, les investissements mondiaux dans l’IA pourraient atteindre 900 milliards de dollars en 2026, puis 5 500 milliards cumulés à l’horizon 2030.

Ces projections illustrent l’ampleur des ressources nécessaires. Elles ne constituent toutefois pas une garantie de rentabilité.

Pour les investisseurs, la question centrale devient donc moins celle de la croissance des capacités informatiques que celle des revenus qu’elles permettront effectivement de générer.

La correction d’octobre révèle ainsi un nouvel arbitrage : financer l’expansion de l’IA reste possible, mais convaincre les marchés de sa rentabilité devient indispensable.

CHIFFRES CLÉS

  • Plus de 5,8 % : recul du Nasdaq 100 en octobre, au 30 octobre 2026, selon Reuters.
  • Plus de 2 000 milliards de dollars : capitalisation boursière menacée selon Reuters.
  • 900 milliards de dollars : investissements mondiaux dans l’IA prévus par J.P. Morgan pour 2026.
  • 5 500 milliards de dollars : projection cumulée des investissements mondiaux dans l’IA à l’horizon 2030, selon J.P. Morgan.