Le groupe africain A3 au Conseil de sécurité de l’ONU réclame davantage de transparence sur les avoirs gelés de la Libyan Investment Authority. Derrière cette demande, une question financière : comment préserver la valeur des capitaux immobilisés et contrôler leur gestion ?

Les actifs souverains libyens restent au cœur d’un débat sur la responsabilité des institutions qui les conservent. Dans une déclaration du 14 octobre 2026, le groupe A3, réunissant la République démocratique du Congo, la Somalie et le Liberia, a soutenu la réalisation d’audits complets et indépendants des avoirs gelés de la Libyan Investment Authority (LIA).

L’objectif est d’établir leur montant, leur localisation et leur statut, tout en renforçant la transparence de leur conservation.

Des capitaux gelés, mais des responsabilités persistantes

Les mesures internationales concernent notamment les avoirs de la LIA et du Libyan Africa Investment Portfolio (LAIP) détenus hors de Libye avant le 16 septembre 2011.

Le groupe africain s’inquiète d’une éventuelle érosion de leur valeur, notamment en cas de mauvaise gestion ou d’utilisation irrégulière. Ces préoccupations ne constituent toutefois pas une évaluation chiffrée des pertes.

Un audit devrait distinguer, dans chaque juridiction, le capital initial, les intérêts produits, les frais de conservation et les éventuelles modifications de valeur. Il permettrait également de clarifier les responsabilités des établissements dépositaires.

Des placements autorisés sous contrôle onusien

La résolution 2769, adoptée en janvier 2025, a ouvert la possibilité de réinvestir certaines liquidités gelées de la LIA dans des dépôts à terme à faible risque et des instruments à revenu fixe.

Ce mécanisme reste soumis à des conditions strictes, notamment à l’approbation du Comité des sanctions. Les fonds réinvestis et leurs revenus demeurent gelés.

La résolution 2819 d’avril 2026 renforce parallèlement la coopération attendue des États et établissements financiers pour établir un inventaire des avoirs.

L’enjeu dépasse donc leur simple immobilisation : il porte sur la capacité à préserver leur valeur économique dans la durée.

EN BREF

  • Le groupe africain A3 demande des audits indépendants des avoirs gelés de la Libyan Investment Authority afin de clarifier leur montant, leur localisation et leur statut.
  • Les préoccupations portent notamment sur les risques de mauvaise gestion et d’érosion de valeur, sans perte globale chiffrée établie.
  • Les Nations unies autorisent, sous conditions, certains réinvestissements à faible risque, tout en maintenant le gel des capitaux et des revenus.
  • La transparence des intérêts, des frais et des établissements dépositaires constitue désormais un enjeu déterminant pour protéger ce patrimoine libyen.