Les investissements directs étrangers au Maroc affichent une progression de 58,4 % à fin septembre 2026. Derrière cette hausse du flux net, deux mouvements se conjuguent : davantage de recettes et moins de dépenses. Reste à déterminer quels secteurs et quels projets bénéficient réellement de cette dynamique.
Le Maroc a enregistré un flux net d’investissements directs étrangers (IDE) de 35,25 milliards de dirhams au cours des neuf premiers mois de 2026, contre 22,25 milliards sur la même période de 2025. Selon les données provisoires de l’Office des changes, cette progression de 58,4 % représente près de 13 milliards de dirhams supplémentaires.
Cette évolution témoigne d’une amélioration du solde des investissements étrangers. Mais elle mérite une lecture plus précise : la hausse ne provient pas exclusivement de nouvelles entrées de capitaux.
Deux mouvements expliquent la progression
Les recettes d’IDE ont atteint 53,44 milliards de dirhams, contre 43,88 milliards un an auparavant. Leur augmentation de 21,8 % représente 9,56 milliards de dirhams supplémentaires.
Parallèlement, les dépenses liées aux IDE ont diminué de 15,9 %, passant de 21,63 à 18,20 milliards de dirhams.
Selon un calcul WMC effectué à partir de ces données arrondies, environ 74 % de l’amélioration du flux net proviennent de la hausse des recettes et 26 % du recul des dépenses.
Cette distinction est essentielle : une progression de 58,4 % du flux net ne signifie pas que les entrées brutes d’investissements ont augmenté dans les mêmes proportions.
Quels investissements derrière les chiffres ?
L’enjeu dépasse désormais la performance statistique. Les données agrégées disponibles ne permettent pas d’identifier précisément les secteurs bénéficiaires, les principaux pays investisseurs ni la part des capitaux consacrée à de nouvelles capacités productives.
Il faut notamment distinguer la création ou l’extension d’installations industrielles, les acquisitions d’entreprises existantes et les autres opérations entrant dans les flux d’IDE.
Ces opérations n’ont pas nécessairement les mêmes effets sur la production et l’emploi.
Pour apprécier pleinement la portée économique de cette progression, il faudra donc rapprocher les flux financiers des projets effectivement réalisés, des capacités installées et des emplois créés.
Le Maroc enregistre une nette amélioration de son solde d’IDE. Sa traduction dans l’économie productive reste à documenter.
CHIFFRES CLÉS
- 35,25 MMDH : flux net des IDE à fin septembre 2026.
- +58,4 % : progression du flux net sur un an.
- 53,44 MMDH : recettes d’IDE, en hausse de 21,8 %.
- 18,20 MMDH : dépenses d’IDE, en recul de 15,9 %.
- 13 MMDH : amélioration approximative du flux net sur un an.
- 74 % / 26 % : contributions approximatives des recettes et des dépenses à cette amélioration, selon un calcul WMC.


