Le Centre national de pharmacovigilance a enregistré plus de 4 000 cas d’effets indésirables liés aux médicaments, sur un total de 7 500 consultations externes effectuées depuis le début de l’année jusqu’à octobre courant, a indiqué mardi son directeur général, Riadh Daghfous.
Dans une déclaration accordée à l’agence TAP, le responsable a souligné que la hausse des signalements reflète une prise de conscience croissante des citoyens et des professionnels de santé quant à l’importance de surveiller les effets indésirables des médicaments et de prévenir les risques associés, précisant que plus de 90 % des cas recensés ne présentent aucun danger.
Parmi les symptômes les plus fréquemment signalés figurent les réactions cutanées allergiques et les perturbations des analyses biologiques liés aux fonctions hépatique et rénale, ainsi que des cas concernant des patients atteints de maladies chroniques. Certains symptômes initialement attribués aux médicaments se sont finalement révélés liés à des aliments, à des infections virales ou à l’utilisation de produits cosmétiques inadaptés, a-t-il expliqué.
Riadh Daghfous a rappelé que la mission du centre consiste principalement à rationnaliser l’usage des médicaments.
En 2025, l’établissement avait enregistré environ 4 300 cas d’effets indésirables sur un total de 8 578 consultations. Il avait également accueilli 400 femmes enceintes afin d’évaluer les effets potentiels des médicaments sur le développement du fœtus.
Dans ce contexte, le responsable a mis en garde contre l’achat de médicaments et de compléments alimentaires sur les réseaux sociaux ou en dehors des circuits officiels de distribution, soulignant que la composition de ces produits est souvent inconnue et qu’ils peuvent présenter des risques pour la santé.
Il a également appelé à éviter l’automédication et à ne pas prendre d’antibiotiques ni d’anti-inflammatoires sans avis médical.
En ce qui concerne le développement des services, Riadh Daghfous a annoncé que le centre travaille à l’élaboration d’un projet de consultations à distance, destiné à limiter les déplacements des citoyens vivant dans les régions éloignées de ses unités et centres régionaux, implantés dans les gouvernorats de Sousse, Sfax, Monastir, Bizerte et Nabeul.
Le Centre national de pharmacovigilance, basé à Tunis, compte actuellement 18 médecins, a-t-il précisé.
Relevant du ministère de la Santé, le centre a pour mission de surveiller la sécurité des médicaments, des vaccins et des produits cosmétiques après leur mise sur le marché, en recensant leurs effets indésirables afin d’évaluer les risques et de prévenir leurs répercussions sur la santé publique.


