L’intelligence artificielle constitue un outil essentiel pour aider les femmes à accéder à de nouveaux marchés, gagner du temps et développer leurs compétences professionnelles, tout en leur permettant d’exploiter les outils de promotion et d’exportation de leurs produits via les plateformes des réseaux sociaux, a affirmé la présidente de la Chambre nationale des femmes cheffes d’entreprises, Leïla Belkhiria
S’exprimant à l’ouverture du Forum international des femmes cheffes d’entreprises, réuni mardi à Sfax sous le thème « L’intelligence artificielle, levier d’innovation et de croissance », elle a fait observer que ces facteurs ont incité la Chambre à élaborer un programme ciblant les marchés local et mondial afin de renforcer la présence des femmes cheffes d’entreprises dans le domaine de l’intelligence artificielle et de tirer profit des opportunités qu’il offre.
Elle a mis l’accent sur la nécessité de fournir la formation requise pour garantir le meilleur usage des technologies de l’intelligence artificielle et la protection des informations au sein des entreprises, soulignant que la prise de conscience de l’importance de ces technologies exige la mobilisation des financements nécessaires, sans pour autant négliger l’élément humain, mais plutôt en œuvrant à attirer les compétences, ce qui représente un défi pour les entreprises tunisiennes.
De son côté, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Sfax, Riadh Rekik, a indiqué que la Chambre œuvre à fournir la formation, à étudier les projets et à chercher les financements nécessaires en collaboration avec des partenaires européens et américains dans divers domaines, notamment celui de l’intelligence artificielle.
Il a précisé que le gouvernorat de Sfax connaît une dynamique dans la création d’entreprises, en particulier au niveau des start-up, faisant état de la présence de 15 projets financés par l’Union européenne d’une valeur de 500 mille dinars dans le domaine de l’économie verte.
Le responsable a, dans le même cadre, ajouté que la confiance acquise par la région lui a permis d’attirer des offres de soutien de la part d’organisations européennes et internationales qui ont exprimé leur disposition à contribuer au financement des projets.
Pour sa part, le président de l’Union régionale de l’industrie, du commerce et de l’artisanat de Sfax a rappelé que le monde vit actuellement une phase de transition technologique au cours de laquelle l’intelligence artificielle redéfinit les règles de la concurrence et les modes de production, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de développement.
Il a estimé que l’engagement de la femme dans le domaine de l’intelligence artificielle n’est plus un choix mais plutôt une nécessité pour renforcer l’innovation, accéder aux marchés mondiaux et s’imposer sur le marché du futur.
De son côté, la représentante de l’ONU Femmes en Tunisie et en Libye, Florence Basty, a souligné que l’enjeu réside dans la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Elle a ajouté que les femmes affluent vers les études d’ingénierie, de sciences et de technologie, mais leur présence sur le marché du travail reste en deçà des attentes, notamment dans le secteur de l’intelligence artificielle.
Basty a appelé les femmes à ne pas se contenter d’utiliser les applications d’intelligence artificielle, mais à contribuer au développement de ce domaine et à accéder aux postes de décision.
Elle a rappelé que la Tunisie dispose d’un potentiel important dans ce domaine, évoquant, notamment, la mise en place d’un cadre juridique favorisant l’égalité, une proportion élevée de diplômées du supérieur dans les spécialités de l’intelligence artificielle et de l’informatique, ainsi que l’émergence de start-up dirigées par des femmes compétentes.
De son côté, le représentant de l’Organisation internationale du travail, David Charles Emmanuel, a salué cette initiative qui met en avant les opportunités offertes par l’intelligence artificielle, particulièrement dans le domaine de l’entrepreneuriat féminin.
Il a signalé que l’intelligence artificielle offre des opportunités pour renforcer la productivité et créer de nouveaux emplois, tout en veillant à garantir que ces emplois s’inscrivent dans le cadre du travail décent et de l’égalité des chances.
Il a ajouté que ces technologies peuvent contribuer à atteindre ces objectifs à travers le développement des produits, l’accès aux marchés, l’innovation, la satisfaction des besoins des clients et le gain de temps, soulignant l’importance d’aider les femmes à bénéficier d’un accès équitable aux opportunités numériques, technologiques et financières disponibles.
Il a relevé que l’intelligence artificielle offre d’importantes perspectives aux femmes en Tunisie, rappelant que le pays occupe le premier rang mondial en termes de proportion de femmes diplômées du supérieur dans les domaines des sciences et de l’ingénierie.
Pour sa part, la présidente d’honneur de l’Organisation mondiale des femmes cheffes d’entreprises, Anne-Christine Oughly, a invité les femmes à s’investir dans le domaine de l’intelligence artificielle en raison des opportunités qu’il présente pour renforcer leur intégration dans le circuit économique.
Elle a incité les femmes, et en particulier les jeunes filles scolarisées, à adhérer massivement dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la digitalisation afin de garantir une meilleure représentation dans ce secteur et de renforcer leur capacité à s’affirmer et à participer au développement de ces technologies.


