À trois semaines de l’expiration du protocole de pêche entre la Mauritanie et l’Union européenne, les discussions reprennent au niveau politique. Au-delà du calendrier, les négociations doivent concilier contreparties financières, accès aux ressources et développement durable de la filière mauritanienne.
La Mauritanie et l’Union européenne accélèrent leurs consultations pour éviter une interruption de leur partenariat halieutique. Jeudi 22 octobre, la ministre mauritanienne de la Pêche, Aïssata Lam, et le commissaire européen chargé de la Pêche et des Océans, Costas Kadis, se sont entretenus par visioconférence afin de rapprocher leurs positions.
Selon les informations relayées par l’Agence mauritanienne d’information et Madar, les échanges ont porté sur les principales questions encore examinées. Aucun compromis définitif n’a été annoncé.
Un partenariat à 60,8 millions d’euros par an
Le protocole actuel expire le 14 novembre 2026. Il prévoit une contribution européenne annuelle de 60,8 millions d’euros, dont 3,3 millions en moyenne consacrés au soutien de la politique mauritanienne de la pêche durable.
En contrepartie, les navires de dix États membres bénéficient de possibilités de pêche pouvant atteindre 280 050 tonnes par an dans les eaux mauritaniennes.
Le renouvellement pose donc une question économique centrale : comment ajuster les contreparties financières et les conditions d’accès aux ressources sans compromettre leur préservation ?
Débarquement local et durabilité : les arbitrages à éclaircir
Pour Nouakchott, la valorisation économique des ressources constitue un enjeu important. Les conditions de débarquement local, les activités de transformation et les retombées pour la filière nationale représentent autant de dimensions à examiner.
Toutefois, les autorités n’ont pas rendu publique une liste précise des divergences encore ouvertes. Il serait donc prématuré d’affirmer qu’un désaccord particulier sur ces questions bloque les négociations.
La durabilité des stocks constitue également une dimension essentielle du partenariat, qui associe droits d’accès, suivi des activités et conservation des ressources.
Les flottes européennes face au calendrier
L’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas et la Lettonie ont demandé à Bruxelles d’envisager une prolongation du protocole actuel si aucun nouvel accord n’était conclu à temps.
Cette démarche traduit les préoccupations liées à une éventuelle interruption des activités de pêche. Pour les deux partenaires, l’enjeu immédiat est désormais de trouver une formule assurant la continuité économique tout en préservant les objectifs de gestion durable.
CHIFFRES CLÉS
- 14 novembre 2026 : expiration du protocole actuel.
- 60,8 millions d’euros : contribution annuelle de l’UE.
- 280 050 tonnes par an : possibilités maximales de pêche prévues.
- 10 États membres : pays dont les navires peuvent bénéficier de l’accord.
- 3,3 millions d’euros par an en moyenne : soutien sectoriel inclus dans la contribution européenne.


