Le Maroc prépare une réforme progressive de l’impôt sur le revenu entre 2027 et 2031. Présenté au Parlement, le PLF 2027 prévoit un allègement pour les salariés, avec une exonération annoncée sous 10 000 dirhams nets mensuels. Son coût estimé à près de 20 milliards de DH sur cinq ans soulève la question du financement.
Des gains variables selon les salaires
Présenté le 23 octobre au Parlement par le ministre Fouzi Lekjaa, le projet de loi de finances 2027 prévoit une première étape de réduction de l’impôt sur le revenu dès janvier prochain.
Selon les annonces rapportées par la presse marocaine, les salariés percevant moins de 10 000 DH nets mensuels pourraient être exonérés d’IR. Cette perspective résulte notamment du relèvement de la tranche annuelle exonérée de 40 000 à 60 000 DH de revenu net imposable et de la modification des abattements professionnels.
La distinction est essentielle : le salaire mensuel perçu et le revenu net imposable ne sont pas identiques.
Pour les revenus intermédiaires, les gains pourraient être substantiels. Le360 évoque une économie mensuelle de 2 000 à 2 500 DH pour un salarié percevant 20 000 DH, estimation qui reste conditionnée aux modalités fiscales définitives.
CHIFFRES CLÉS
- 10 000 DH : seuil mensuel net d’exonération annoncé.
- 60 000 DH : nouveau seuil annuel de revenu net imposable exonéré proposé.
- 2027–2031 : période de déploiement de la réforme.
- Près de 20 milliards de DH : coût estimé sur cinq ans, selon Le360.
- 34 454 : postes budgétaires prévus pour 2027
Un allègement à financer
La réforme doit se poursuivre jusqu’en 2031, avec un taux marginal maximal envisagé de 30 %, contre 37 % actuellement.
Son coût global est estimé par Le360 à près de 20 milliards de DH sur cinq ans, soit une moyenne arithmétique de 4 milliards par an, sans préjuger de la répartition effective des pertes de recettes.
Le PLF prévoit parallèlement un élargissement de certains prélèvements, notamment sur les importations destinées à la revente et les grandes entreprises de distribution de carburants. Leur rendement ne peut cependant être assimilé à une compensation intégrale de la baisse de l’IR sans chiffrage officiel.
Le budget 2027 prévoit également 34 454 postes budgétaires, illustrant d’autres engagements de dépenses publiques.
L’enjeu sera donc double : transformer l’allègement fiscal annoncé en gain réellement constaté sur les fiches de paie et préserver les recettes nécessaires au financement des politiques publiques.
EN BREF
- Le Maroc prévoit une réforme progressive de l’impôt sur le revenu à partir de 2027, avec une trajectoire annoncée jusqu’en 2031.
- Les salariés percevant moins de 10 000 DH nets mensuels pourraient bénéficier d’une exonération, sous réserve des modalités définitives.
- Les gains varieront selon les revenus, les abattements et les taux effectivement applicables.
- Le coût de la réforme est estimé à près de 20 milliards de DH sur cinq ans.
- La question centrale demeure celle du financement de cet allègement fiscal et de sa traduction effective dans le pouvoir d’achat.


