
En 1989, Mehdi Houas prend une décision qui surprend son entourage : quitter IBM, l’un des symboles mondiaux de l’informatique, pour se lancer dans l’entrepreneuriat. Il n’y travaille que depuis deux ans. Mais cette rupture marque le début d’une trajectoire où la prise de risque deviendra une constante.
Près de quatre décennies plus tard, devant les participants du BIG 2026 de Bpifrance, il résume cette philosophie par un mot : le « culot ». Non pas l’audace pour elle-même, mais la capacité de décider lorsque les certitudes manquent.
De l’ingénieur au bâtisseur d’entreprises
Après son départ d’IBM, Mehdi Houas s’engage dans plusieurs aventures entrepreneuriales. Il crée Telease Consultant en 1989, participe au développement de Valoris, puis fonde Talan en 2002 avec Philippe Cassoulat et Éric Benamou.
Son parcours n’est pourtant pas présenté comme une succession de réussites. Il évoque des crises, des difficultés et une faillite, sans en détailler les circonstances dans sa publication.
De ces expériences, il retient notamment l’importance de la confiance entre associés et du partage de la valeur avec les collaborateurs et les clients.
Pour lui, entreprendre signifie accepter l’incertitude sans renoncer à une vision collective.
2011 : le risque devient politique
Le deuxième grand tournant intervient en Tunisie.
En 2011, au lendemain de la révolution, Mehdi Houas accepte de devenir ministre du Commerce et du Tourisme dans le gouvernement de transition.
L’entrepreneur quitte temporairement son univers professionnel pour participer à la gestion d’un pays confronté à une situation exceptionnelle.
Cette expérience constitue une rupture majeure. Il ne s’agit plus de développer une entreprise, mais d’assumer des responsabilités publiques dans un environnement politique et économique profondément incertain.
Son témoignage ne constitue pas un bilan de son action ministérielle. Il révèle néanmoins une conviction : certaines décisions exigent d’agir avant de disposer de toutes les garanties.
2026 : un nouveau pari face à l’intelligence artificielle
En juillet 2026, Mehdi Houas est élu président de Numeum, organisation représentative des entreprises françaises du numérique.
Ce nouveau rôle le place au cœur des débats sur la compétitivité technologique, l’intelligence artificielle et la souveraineté numérique.
Il défend une accélération de l’adoption de l’IA, mais insiste également sur la nécessité de maîtriser les données, les compétences et les choix technologiques.
Son ambition dépasse le cadre français. Il plaide pour une coopération renforcée entre l’Europe et l’Afrique, susceptible de faire émerger une troisième voie dans les équilibres numériques mondiaux.
L’humain au centre de la transformation
D’IBM à Talan, de la révolution tunisienne à l’intelligence artificielle, trois périodes dessinent ainsi une même trajectoire : celle d’un dirigeant qui revendique le risque comme moteur de transformation.
Mais derrière cette culture de l’audace apparaît une autre constante : la place accordée à l’humain, à la confiance et à la responsabilité.
Pour Mehdi Houas, le véritable défi n’est peut-être pas seulement d’oser changer le monde. Il est aussi de préserver la capacité humaine à décider de ce changement.
Chiffres clés
- 1989 Départ d’IBM
- 2002 Création de Talan
- 2011 Ministre en Tunisie
- 2026 Président de Numeum


