Avec 37,93 % de diplômés du supérieur issus des sciences et de l’ingénierie, la Tunisie arrive en tête du classement communiqué à partir de l’indicateur 2.2.2 de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Une position remarquable qui soulève une question économique essentielle : comment convertir ce potentiel de compétences en création de valeur ?
La Tunisie occupe la première place du classement présenté pour la proportion de diplômés en sciences et ingénierie dans l’enseignement supérieur. Avec 37,93 %, elle devance l’Ouzbékistan (36,76 %), les Émirats arabes unis (36,45 %), Brunei (35,86 %) et l’Allemagne (35,76 %).
Cet indicateur met en évidence le poids des formations scientifiques et techniques dans la structure des diplômés tunisiens. Il constitue un signal intéressant pour apprécier l’orientation du système d’enseignement supérieur vers des disciplines susceptibles de contribuer au développement économique.
Un classement à interpréter avec précision
La première place tunisienne concerne une proportion, et non le nombre total de diplômés scientifiques ou d’ingénieurs.
Elle ne mesure ni la qualité globale des universités, ni les performances professionnelles des diplômés, ni la capacité d’innovation des entreprises. Elle ne permet pas davantage de conclure que la Tunisie dispose du système scientifique le plus performant au monde.
Cette distinction est fondamentale pour éviter de transformer un résultat statistique favorable en appréciation générale de la compétitivité nationale.
Transformer les compétences en valeur économique
L’enjeu dépasse désormais le classement. Une proportion élevée de diplômés scientifiques peut constituer un atout pour l’économie, à condition que ces compétences trouvent des débouchés productifs.
Plusieurs questions deviennent alors centrales : les entreprises disposent-elles des capacités nécessaires pour recruter ces profils ? Les formations répondent-elles aux besoins économiques ? Les diplômés peuvent-ils participer au développement de nouvelles activités, de technologies et de produits à plus forte valeur ajoutée ?
Le classement ne répond pas à ces interrogations. Il permet néanmoins de les placer au cœur du débat sur la valorisation du capital humain.
Pour la Tunisie, le véritable défi n’est donc pas seulement de former une proportion importante de scientifiques et d’ingénieurs. Il est de transformer cette orientation éducative en emplois qualifiés, en innovation et en compétitivité durable.


