- Les derniers grands rapports de l’Organisation mondiale de la santé dressent un constat préoccupant : les besoins de santé mentale restent considérables, tandis que les financements et les capacités de prise en charge progressent insuffisamment. Malgré une mobilisation institutionnelle croissante, les inégalités d’accès aux soins persistent, avec des conséquences sanitaires, sociales et économiques majeures.
Plus d’un milliard de personnes vivent avec un trouble mental dans le monde, selon le rapport World Mental Health Today, publié par l’OMS en septembre 2025. Les troubles anxieux et dépressifs figurent parmi les affections les plus répandues. L’organisation estime également à 727 000 le nombre de décès par suicide en 2021.
Ces chiffres témoignent de l’ampleur du problème. Ils ne signifient toutefois pas que la prévalence mondiale augmente mécaniquement chaque année : les évolutions démographiques, les méthodes d’estimation et les périodes observées doivent être distinguées.
Des politiques plus nombreuses, mais des moyens limités
L’évolution la plus nette concerne la reconnaissance institutionnelle de la santé mentale. Depuis 2020, plusieurs pays ont renforcé leurs politiques et leurs dispositifs de préparation aux urgences psychosociales.
Mais les ressources restent limitées. Selon le Mental Health Atlas 2024, les dépenses publiques consacrées à la santé mentale représentent une médiane de seulement 2 % des budgets publics de santé, un niveau inchangé depuis 2017.
Dépenses publiques de santé mentale par habitant
Pays à faible revenu et pays à revenu élevé, en dollars américains par habitant. Médianes par groupe de revenu, OMS, Atlas 2024.
Ces valeurs concernent les pays répondants, pas l’ensemble des pays de chaque groupe. La comparabilité des dépenses reste limitée par la disponibilité des données.
Les jeunes, une population particulièrement exposée
L’UNICEF alertait dès 2021 sur la santé mentale des adolescents : plus de 13 % des 10-19 ans vivaient avec un trouble mental selon les estimations présentées dans son rapport mondial.
L’organisation souligne le rôle de la famille, de l’école et des conditions sociales dans la prévention et l’accompagnement.
Un coût économique mondial considérable
Au-delà des conséquences humaines, la santé mentale constitue un enjeu économique. L’OMS évalue à environ 1 000 milliards de dollars par an le coût mondial de la dépression et de l’anxiété en pertes de productivité.
Cette estimation illustre les conséquences d’une prise en charge insuffisante pour les économies, les entreprises et les ménages.
La priorité internationale ne consiste donc plus seulement à reconnaître les troubles mentaux, mais à renforcer les services de proximité, les professionnels disponibles et les mécanismes de financement.
Le défi pour les prochaines années sera de transformer les engagements institutionnels en accès effectif aux soins, particulièrement dans les pays disposant de ressources sanitaires limitées.
Chiffres clés mondiaux
- 1 milliard+ Personnes vivant avec un trouble mental, OMS 2025
- 2 % Part médiane des budgets publics de santé consacrée à la santé mentale, Atlas 2024
- 1 000 Md$ Pertes annuelles de productivité liées à la dépression et à l’anxiété, estimation OMS
- 13 %+ Adolescents de 10 à 19 ans vivant avec un trouble mental, UNICEF 2021


