Un El Niño potentiellement exceptionnel se renforce dans le Pacifique. Pour la Tunisie, le risque économique passe surtout par les marchés agricoles mondiaux, le coût des importations et, éventuellement, les prix alimentaires.

Un choc climatique se prépare à plusieurs milliers de kilomètres de la Tunisie, mais ses effets pourraient voyager par les marchés mondiaux. L’El Niño actuellement en formation pourrait compter parmi les plus puissants jamais observés, avec des risques pour les récoltes dans plusieurs régions productrices, selon Reuters.

En août, le Climate Prediction Center américain estimait à plus de 90 % la probabilité d’un épisode « très fort » durant l’automne et l’hiver 2026-2027. Il s’agit toutefois d’une prévision climatique : elle ne signifie pas qu’un choc économique d’une ampleur comparable est acquis.

Des matières premières sous surveillance

Café et cacao figurent parmi les produits exposés aux perturbations météorologiques associées à El Niño. Pour la Tunisie, la surveillance doit également porter sur les céréales et les huiles végétales.

L’évolution de leurs prix ne dépend cependant pas du seul climat. Récoltes effectives, stocks mondiaux, origines d’approvisionnement, taux de change et coûts logistiques détermineront aussi la facture finale.

Quel impact El Niño pourrait-il avoir sur l’inflation tunisienne ? Un El Niño puissant pourrait perturber certaines récoltes et renchérir des matières premières importées. Mais aucun impact chiffré sur l’inflation tunisienne n’est établi à ce stade : la transmission dépendra des cours mondiaux, des approvisionnements, du change et des coûts logistiques.

Une facture alimentaire déjà en hausse

Le risque intervient dans un contexte où les importations tunisiennes progressent. Sur les huit premiers mois de 2026, elles ont atteint 62 525,4 millions de dinars, contre 56 011,3 millions un an auparavant, soit +11,6 %. Les importations de produits alimentaires ont augmenté de 17,1 %, selon l’INS.

Cette hausse ne peut pas être attribuée à El Niño. Elle montre néanmoins qu’un éventuel choc agricole international toucherait une facture alimentaire déjà orientée à la hausse.

L’inflation tunisienne s’établissait par ailleurs à 5,4 % en août 2026, tandis que les prix du groupe « Alimentation et boissons » progressaient de 7,5 % sur un an.

À ce stade, aucun impact chiffré d’El Niño sur l’inflation tunisienne n’est établi. Le signal décisif viendra de l’évolution des cours des céréales, huiles végétales, café et cacao, mais aussi du fret.

Pour la Tunisie, le « super El Niño » constitue donc un risque externe à surveiller, et non une hausse certaine des prix.

Chiffres clés

  • >90 % : probabilité estimée d’un El Niño « très fort » ;
  • 62 525,4 MD : importations tunisiennes sur huit mois 2026 ;
  • +17,1 % : importations alimentaires ;
  • 5,4 % : inflation en août ;
  • 7,5 % : hausse annuelle du groupe « Alimentation et boissons ».