La restructuration engagée par Accenture illustre une nouvelle dimension du risque lié à l’intelligence artificielle : certains emplois peuvent être fragilisés non parce qu’une machine remplace immédiatement un salarié, mais parce que les compétences demandées évoluent plus vite que les possibilités de reconversion.
Chez Accenture, la révolution de l’intelligence artificielle commence à se lire dans la gestion des effectifs. Le groupe mondial de conseil a lancé en 2025 un programme de restructuration de $865 millions, comprenant des indemnités de départ, parallèlement à une réorientation de ses ressources vers les activités numériques et l’IA.
Le signal est important pour le marché du travail : le risque de l’IA ne se limite plus à l’hypothèse d’une automatisation future.
Le risque se déplace vers les compétences
Accenture comptait environ 779.000 salariés au 31 août 2025. Le groupe explique gérer activement la taille et surtout la composition de ses effectifs afin d’adapter les compétences disponibles à la demande de ses clients. Il recourt notamment aux départs involontaires pour maintenir cet équilibre.
Cela ne signifie pas que l’IA aurait simplement « remplacé » des milliers de salariés. La transformation est plus subtile : une compétence peut perdre de sa valeur tandis qu’une autre devient stratégique.
Pour les métiers comportant des tâches susceptibles d’être automatisées ou fortement assistées par l’IA, l’enjeu devient donc la capacité à évoluer vers de nouvelles fonctions.
Se former pour rester dans la course
La réponse d’Accenture montre l’ampleur du défi. Durant son exercice 2025, l’entreprise a investi $1 milliard dans la formation, représentant environ 47 millions d’heures. Plus de 550.000 salariés avaient suivi une formation aux fondamentaux de l’IA générative et le groupe comptait environ 77.000 professionnels qualifiés en IA et Data.
Le paradoxe est révélateur : l’IA peut simultanément supprimer le besoin de certaines compétences et augmenter la demande pour d’autres.
Le cas Accenture ne permet donc pas d’annoncer la disparition de professions précises. Il met en évidence un risque différent : dans certains métiers de services et de technologie, ne pas pouvoir faire évoluer suffisamment vite ses compétences pourrait devenir un facteur croissant de vulnérabilité professionnelle.
Chiffres clés
- $865 millions de restructuration ;
- 779.000 salariés fin août 2025 ;
- $1 milliard consacré à la formation en FY2025 ;
- 47 millions d’heures de formation ;
- plus de 550.000 salariés formés aux fondamentaux de l’IA générative ;
- environ 77.000 professionnels IA et Data.


