Les exportations tunisiennes vers le Nigeria ont atteint 98,2 millions de dinars en 2025. À Lagos, six entreprises tunisiennes du bâtiment cherchent désormais à transformer cette accélération en commandes durables.
Le chiffre change la dimension de la relation commerciale. Selon le CEPEX, les exportations tunisiennes vers le Nigeria ont atteint 98,2 millions de dinars en 2025, pour des échanges bilatéraux d’environ 100,9 millions de dinars. Le Nigeria s’est ainsi hissé au quatrième rang des marchés subsahariens de la Tunisie.
La progression de 196 % rapportée mercredi en citant le CEPEX doit toutefois rester prudente : une publication de l’organisme évoque parallèlement des exportations « multipliées par quatre », deux formulations qui ne sont pas mathématiquement équivalentes. La valeur de 98,2 MD apparaît donc plus solide que le taux exact d’évolution.
Du bond statistique au test commercial
Six entreprises tunisiennes spécialisées dans le bâtiment et les matériaux participent au Big 5 Construct Nigeria, organisé du 22 au 24 septembre à Lagos. Plus de 50 rencontres B2B ont été programmées avec des acheteurs, fournisseurs et entrepreneurs nigérians.
Le BTP et les matériaux représenteraient environ 20 % des exportations tunisiennes vers le Nigeria en 2025, notamment grâce au plâtre et aux peintures. Le CEPEX cite également parmi les ventes tunisiennes des machines de forage, ainsi que certains produits agroalimentaires.
Mais la présence au salon ne constitue pas encore une implantation commerciale. Cinquante rendez-vous ne signifient ni cinquante clients ni cinquante contrats. Aucune donnée consultée ne permet, à ce stade, de chiffrer les commandes effectivement obtenues.
Le potentiel reste néanmoins considérable dans un pays d’environ 237 millions d’habitants, doté d’un vaste marché de la construction. Il s’accompagne aussi de contraintes : normes d’importation, logistique, concurrence et volonté nigériane de développer davantage sa propre production de matériaux.
Le Nigeria peut donc devenir un relais important pour les exportateurs tunisiens, voire une tête de pont vers l’Afrique anglophone. Mais cette hypothèse devra être confirmée par trois indicateurs : la récurrence des commandes, la présence de distributeurs locaux et le maintien des exportations en 2026.
Pour l’instant, la Tunisie a un pied dans la porte. Elle n’a pas encore franchi le seuil.


