La Déclaration de New Delhi montre la capacité des BRICS à trouver un terrain commun sur les tensions internationales, les tarifs et les sanctions. Sur le volet financier, le groupe avance toutefois par étapes, sans annoncer de monnaie commune.
Les BRICS ont réussi à adopter une déclaration commune malgré les divergences diplomatiques qui traversent le groupe. Sur le Moyen-Orient, le texte exprime une « profonde préoccupation » face à l’escalade des tensions et appelle à la « retenue maximale », tout en rappelant explicitement les positions nationales respectives de ses membres. Cette précaution illustre la nature du compromis obtenu à New Delhi.
Tarifs et sanctions, terrain de convergence
Le consensus apparaît plus affirmé sur le terrain géoéconomique. La déclaration critique la multiplication des mesures tarifaires et non tarifaires unilatérales jugées incompatibles avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Elle condamne également les mesures coercitives unilatérales contraires au droit international, notamment certaines sanctions économiques et sanctions secondaires.
Cette position commune donne aux BRICS un langage partagé face aux tensions commerciales et financières internationales. Elle ne signifie cependant pas que leurs stratégies ou leurs intérêts sont identiques.
Monnaies locales plutôt que monnaie commune
Sur le terrain monétaire, le texte est plus prudent. La BRICS Payment Task Force poursuit ses travaux sur des mécanismes de paiements transfrontaliers plus efficaces et sur l’interopérabilité des systèmes de paiement et de messagerie. Les membres discutent également d’un recours accru aux monnaies locales pour les règlements commerciaux et les investissements, en tenant compte des priorités nationales.
Mais aucune monnaie commune n’est annoncée. La Déclaration de New Delhi ne fixe ni calendrier, ni architecture institutionnelle, ni mécanisme de création d’une devise BRICS. La couverture du sommet souligne elle aussi que les discussions ont privilégié les monnaies nationales et les infrastructures de paiement.
Le signal de New Delhi est donc celui d’une autonomie financière recherchée progressivement, et non d’un basculement monétaire. Les BRICS renforcent leurs outils de coopération et leur capacité de compromis, mais les éléments disponibles ne permettent pas encore de parler de rupture organisée avec le système monétaire actuel.
Chiffres clés
18e sommet des BRICS, organisé à New Delhi les 12 et 13 septembre 2026.
10 pays sont cités par Reuters comme membres participant au bloc : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Indonésie, Iran et Émirats arabes unis.
2027 : la Chine doit assurer la prochaine présidence des BRICS.
0 annonce de monnaie commune dans la Déclaration de New Delhi : le texte privilégie les monnaies locales et les paiements transfrontaliers.


