À Kébili, la nouvelle campagne de dattes s’annonce moins généreuse en volume. Les premières estimations professionnelles font état d’une baisse de 20 à 25 % de la récolte, selon le président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche de Kébili.
À ce stade, cette fourchette reste une prévision professionnelle et non une estimation officielle consolidée. Elle constitue néanmoins un signal important pour une région qui occupe une place centrale dans la production tunisienne de dattes.
Le principal élément positif concerne la qualité. Les professionnels annoncent une récolte d’excellente qualité, avec une situation sanitaire jugée globalement maîtrisée. La présence du « Boufaroua », acarien qui affecte les régimes de dattes, serait limitée, tandis que 64 tonnes de soufre auraient été mises à disposition pour les traitements.
Après une campagne nationale record
Cette baisse annoncée intervient après une campagne 2025/2026 exceptionnellement abondante. La récolte nationale avait été estimée à environ 404.000 tonnes, contre 347.000 tonnes un an auparavant, soit une hausse de 16,3 %.
La dynamique était également favorable à l’exportation. Entre octobre 2025 et juillet 2026, la Tunisie a exporté environ 144.100 tonnes de dattes, soit une progression de 13,3 % sur un an. Les recettes correspondantes ont atteint 908,4 millions de dinars, en hausse de 12,2 %.
La Deglet Nour reste au cœur de cette performance. Elle représente environ 84 % des volumes exportés et bénéficie d’un prix moyen supérieur à celui de l’ensemble des dattes tunisiennes.
Dans ce contexte, une récolte moins abondante à Kébili ne signifie pas automatiquement une dégradation proportionnelle des revenus agricoles. Si la qualité annoncée se confirme, elle pourrait favoriser une meilleure valorisation des fruits, en particulier sur les marchés extérieurs.
Le prix sera l’arbitre
Pour les producteurs, l’enjeu central sera donc le prix payé au kilogramme.
La campagne précédente a montré les limites d’une forte production lorsqu’elle s’accompagne de difficultés de commercialisation et de stockage. Une baisse des volumes pourrait, en théorie, réduire la pression sur l’offre. Mais cet effet dépendra de la demande, de la qualité réellement commercialisable, des coûts de production et de la capacité des opérateurs à écouler les stocks.
Les prochaines estimations officielles, les premiers prix à la production et l’évolution des exportations permettront de mesurer l’impact réel de cette baisse annoncée.
Les chiffres clés
- -20 à -25 % : baisse prévisionnelle de la récolte de dattes à Kébili.
- 404.000 tonnes : récolte nationale estimée en 2025/2026.
- +16,3 % : progression de la récolte nationale sur un an.
- 144.100 tonnes : exportations tunisiennes entre octobre 2025 et juillet 2026.
- 908,4 MD : recettes d’exportation sur la même période.
- 84 % : part de la Deglet Nour dans les volumes exportés.
- 64 tonnes : quantité de soufre annoncée pour les traitements dans la région.
À retenir : Kébili pourrait produire nettement moins de dattes cette saison, mais la qualité annoncée ouvre la possibilité d’une meilleure valorisation. La campagne se jouera donc moins sur le seul tonnage que sur le prix, la qualité exportable et la capacité de commercialisation.


