Les États-Unis préparent une nouvelle salve de sanctions contre l’Iran et ses partenaires commerciaux. La Chine, qui absorbe plus de 80 % des exportations pétrolières iraniennes, est en première ligne. Une pression accrue pourrait réduire encore les flux vers les raffineries chinoises et entretenir la hausse du Brent, déjà revenu au-dessus de 94 dollars le baril.

Washington peut multiplier les sanctions contre les navires, négociants et raffineries impliqués dans le commerce pétrolier iranien. Mais couper complètement la Chine du brut de Téhéran reste une opération autrement plus complexe.

Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent doit présenter lundi 24 août de nouvelles mesures contre l’Iran, qu’il a décrites comme pouvant compter parmi les plus sévères jamais imposées. Pékin est directement concerné : selon les données Kpler citées par Reuters, la Chine achète plus de 80 % du pétrole iranien expédié.

Les raffineries chinoises, maillon difficile à casser

Les États-Unis disposent d’un levier puissant : les sanctions secondaires, qui peuvent menacer d’exclusion du système financier américain les acteurs étrangers continuant à commercer avec des entités iraniennes sanctionnées.

Cette arme a cependant ses limites. Une partie importante du brut iranien est achetée par des raffineries indépendantes chinoises, les « teapots », moins exposées que les grandes compagnies pétrolières au système financier international. Le commerce s’appuie également sur des intermédiaires, des sociétés-écrans, des transferts de cargaisons en mer et une flotte de pétroliers aux structures de propriété opaques.

Les précédentes sanctions ont donc davantage compliqué et renchéri les transactions qu’elles ne les ont supprimées.

La situation s’est néanmoins durcie en 2026. Le blocus américain des ports iraniens, rétabli le 13 juillet, a fortement réduit les volumes disponibles. Les expéditions iraniennes sont tombées à environ 534 000 barils par jour en août, contre 1,4 million de barils par jour en moyenne en 2025, selon Reuters. Les raffineurs chinois recherchent désormais davantage de cargaisons alternatives, notamment en Irak et au Brésil.

Quel impact sur le Brent ?

C’est là que l’enjeu dépasse largement les relations entre Washington, Pékin et Téhéran.

Le Brent a terminé vendredi 21 août à 94,39 dollars le baril, en hausse de 6,39 % sur la semaine, porté notamment par la crainte de nouvelles perturbations au Moyen-Orient.

De nouvelles sanctions réellement capables de retirer plusieurs centaines de milliers de barils iraniens du marché pourraient maintenir une prime géopolitique sur les cours. L’effet serait encore plus marqué si les tensions perturbaient davantage le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations du Golfe.

À l’inverse, une simple extension de la liste des raffineries ou navires sanctionnés, sans rupture supplémentaire des flux physiques, pourrait avoir un effet plus limité : une partie de la menace est déjà intégrée dans les prix.

Washington peut donc rendre le pétrole iranien plus rare, plus coûteux et plus risqué pour la Chine. L’éliminer totalement du marché chinois exigerait en revanche de frapper beaucoup plus durement ses circuits bancaires et logistiques — au risque d’élargir le conflit économique avec Pékin.

Les chiffres clés

  • Plus de 80 % : part des exportations pétrolières iraniennes achetée par la Chine.
  • 1,4 million b/j : exportations iraniennes moyennes en 2025.
  • 534 000 b/j : expéditions iraniennes estimées en août 2026.
  • 94,39 dollars : cours de clôture du Brent le 21 août.
  • +6,39 % : progression du Brent sur la semaine.
  • 13 juillet 2026 : rétablissement du blocus américain des ports iraniens.