Un colloque scientifique consacré à « l’art et l’esthétique de la marge » se tiendra le lundi 13 avril à la Cité de la Culture à Tunis. L’événement réunira chercheurs, artistes et étudiants autour des mutations de la création contemporaine.

La rencontre sera accompagnée de l’exposition « Pulse des plis », présentant les travaux des étudiants du département de design de l’Institut supérieur des arts et métiers de Sidi Bouzid (ISAM SBZ), relevant de l’Université de Kairouan.

Organisé par le Collège de Tunis pour la Philosophie, en partenariat avec l’ISAM de Sidi Bouzid et l’association Arts, l’événement débutera à 09h30 à la salle Sophie El Goulli. Il s’inscrit dans un cycle de recherche intitulé : « Qu’est-ce que la pensée dans les pratiques artistiques ? ».

Inauguré en 2019 au Centre des arts, de la culture et des Lettres (CACL) – Palais Ksar Saïd au Bardo, le Collège de Tunis pour la Philosophie est une institution rattachée au ministère des Affaires culturelles. Il se veut un espace de débat libre visant à promouvoir la pensée critique et le dialogue entre les cultures.

Cette rencontre, qui associe institutions culturelles et universitaires, portera sur les dynamiques esthétiques situées hors des canons traditionnels. Elle ambitionne d’interroger les catégories classiques de l’art, en mettant l’accent sur les pratiques marginales, souvent reléguées aux périphéries du champ artistique.

Le colloque réunira plusieurs universitaires dont Sondess Lahbiri, Chaïma Zaafouri, Karim Belkadhi, ainsi que Salah Laamari (Université de Kairouan), Lotfi Ajlaoui (Université de Carthage) et Nizar Trabelsi (Université de Sfax). L’encadrement scientifique est assuré par Rachida Turki, tandis que Chaïma Zaafouri assure la coordination de l’exposition.

Selon le texte scientifique accompagnant le colloque, cette approche vise à « repenser la légitimité esthétique » en questionnant la frontière entre ce qui est reconnu comme art majeur et ce qui est considéré comme marginal. Le document singé par Chaïma Zaafouri souligne que l’art contemporain, par ses mutations, tend à déplacer les centres de valeur, en faisant émerger des formes qui s’inscrivent dans l’inachevé, l’informel ou encore l’imperfection comme sources de sens.

En parallèle, l’exposition « Pulse des plis » propose une lecture expérimentale des pratiques artistiques étudiantes. Le projet se présente comme une tentative de déconstruction des hiérarchies esthétiques, en valorisant des approches fondées sur la matérialité, le processus et l’expérience sensible.

Le texte curatorial met en avant une orientation vers des formes ouvertes, où « la valeur ne se mesure ni à la monumentalité ni à la virtuosité technique », mais à la capacité des œuvres à explorer des dynamiques expressives et des matériaux ordinaires. Les travaux exposés s’inscrivent ainsi dans une logique de décloisonnement, intégrant corps, objets et environnements dans une même démarche créative.

L’exposition s’intéresse également aux transformations du rapport à l’art à l’ère numérique, en insistant sur la réaffirmation de la présence physique et de l’expérience directe. Elle propose une réflexion sur des pratiques qualifiées de « pauvres » ou précaires, envisagées comme vecteurs d’une esthétique et d’un discours critique.

Le colloque et l’exposition s’inscrivent dans une perspective plus large de redéfinition des paradigmes artistiques contemporains, en accordant une place centrale aux notions de marge, d’altérité et d’expérimentation.