Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoud, a réaffirmé, lors d’une séance plénière de l’Assemblée des représentants du peuple ce vendredi, l’engagement de l’État à mettre en œuvre la loi n° 18 de 2025 relative au placement des chômeurs de longue durée, soulignant qu’il s’agit d’un « engagement définitif et irrévocable ».
Le ministre a précisé, en réponse aux questions orales posées par plusieurs députés, « que la mise en œuvre de cette loi nécessite la mise en place d’une plateforme numérique intégrée », qui est déjà en cours malgré sa complexité, compte tenu de la nécessité d’interconnecter plusieurs structures publiques afin de garantir l’exactitude des données fournies par les candidats.
Il a ajouté que la plateforme s’appuiera sur une numérisation complète du parcours du candidat, afin de vérifier le respect des conditions d’éligibilité, parmi lesquelles l’inscription auprès des agences pour l’emploi et l’absence d’activité professionnelle au cours de l’année précédente, ce qui nécessite une coordination avec les bases de données des structures publiques concernées.
Chaoud a souligné que le ministère préféré prendre son temps dans la mise en œuvre de la loi compte tenu de son importance, affirmant que la précipitation pourrait engendrer des problèmes ultérieurs, alors que l’objectif est de garantir une application efficace et transparente répondant aux attentes des chômeurs de longue durée, selon ses propres termes.
Par ailleurs, certains députés se sont interrogés sur la situation de la formation professionnelle, notamment au vu des lacunes constatées en matière de contrôle et d’inspection, ainsi que des « soupçons de corruption » qui ont touché certains centres de formation privés et entraîné le blocage d’un certain nombre de projets.
Dans sa réponse, le ministre a indiqué que la carte de la formation professionnelle est en cours de révision dans le cadre du plan de développement 2026-2030, de manière à tenir compte des spécificités régionales et à répondre aux besoins du marché du travail national et international.
Il a souligné que le ministère avait pris des mesures strictes à l’encontre des centres de formation privés en infraction, avec la fermeture de dizaines de centres non conformes, insistant sur le fait que le contrôle est permanent et continu et que le ministère « ne fera preuve d’aucune complaisance dans l’application de la loi ».
Quant à la raison pour laquelle aucun centre de formation n’a été créé dans certaines régions de l’intérieur, Chaoud a indiqué que la création de centres de formation nécessite des études de faisabilité et une évaluation des besoins des différentes parties prenantes, soulignant que de nombreux projets antérieurs n’ont pas vu leurs études menées à terme, ce qui a entraîné leur suspension.
Il a indiqué que le nombre de bénéficiaires des contrats « Karama » s’éleve à plus de 82 000, mais que les résultats n’avaient pas été à la hauteur des attentes, ce qui a nécessité, selon lui, une révision des conditions d’accès à ces contrats.
Par ailleurs, certains députés se sont interrogés sur les dysfonctionnements commis par certaines agences pour l’emploi à l’étranger, sur l’état d’avancement du traitement des dossiers de corruption qui y sont liés, ainsi que sur l’évaluation de leur rôle dans la création d’emplois.
Le ministre a indiqué que le nombre de bureaux de placement à l’étranger s’élevait à 92 bureaux légaux, dont 18 institutions ayant cessé leurs activités et deux institutions fermées pour fraudes.
Il a ajouté que le ministère a transmis des dizaines de plaintes contre des bureaux fictifs, annonçant l’achèvement de la préparation d’un nouveau projet de loi prévoyant des sanctions sévères à l’encontre des institutions non agréées.
Certains députés ont abordé les problématiques des sociétés communautaires, s’interrogeant sur leur efficacité dans la réalisation du développement local, sur le nombre de projets financés et sur l’évaluation de leur rentabilité économique.
Le ministre a précisé que cette expérience bénéficie d’un soutien important de la part de l’État, soulignant que le cadre juridique a été revu et développé, notamment avec l’adoption du décret n° 3 de 2025 visant à améliorer la gouvernance et le financement.
Il a indiqué que le lancement de la plateforme numérique a permis d’enregistrer des centaines de demandes de création, un nombre important de projets ayant été pris en charge et leurs porteurs accompagnés afin de garantir leur mise en place sur des bases solides, selon ses propos.
Il a souligné que le ministère accompagne les créateurs d’entreprises dès les premières étapes de la création de leur société, en les guidant sur la nature du projet, le nombre de participants et les noms des sociétés, afin de garantir leur création sur des bases solides et d’éviter toute infraction légale ou réglementaire.
Il a ajouté que 177 demandes de création d’une société civile avaient franchi toutes les étapes administratives, estimant que « ces indicateurs sont encourageants, même s’il faut redoubler d’efforts pour étendre cette expérience et renforcer son efficacité ».
Chaoud a souligné que le ministère œuvre pour diversifier les sources de financement des sociétés communautaires, afin de soutenir leur pérennité et leur capacité à contribuer efficacement au développement local et à la création d’emplois.
Par ailleurs, certains députés se sont interrogés sur les projets en suspens dans les régions et sur les raisons de leur retard de plusieurs années, demandant des éclaircissements sur les mesures prises pour accélérer leur mise en œuvre.
Chaoud a confirmé que le ministère avait mené des études sectorielles pour débloquer ces projets, tout en accordant des pouvoirs plus étendus aux administrations régionales pour en assurer la supervision, soulignant l’existence de projets bloqués depuis de nombreuses années.


