La région de Monastir a bénéficié, au cours de la saison agricole 2024-2025, de 400 mille mètres cubes d’eau, afin de sauver la saison des primeurs, a indiqué, mercredi, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, chargé de l’Eau, Hamadi Habib.

S’exprimant lors d’une visite de travail dans la région, où il a présidé les travaux du conseil régional de l’eau, le responsable a précisé que les années de sécheresse ont fortement impacté les périmètres irrigués du système de Nebhana ainsi que la part du gouvernorat de Monastir en eau de barrage.

Il a ajouté que, à titre exceptionnel, des quantités d’eau en provenance du Nord ont été mobilisées durant la saison en cours chaque fois que cela a été possible, malgré les contraintes et la forte demande en eau potable.

Par ailleurs, il a révélé que les taux de remplissage des barrages varient d’une région à une autre et demeurent relativement élevés, dans les barrages du Nord et du Cap Bon, et faibles dans ceux du Centre.

Le secrétaire d’État a souligné que son département œuvre à assurer la pérennité de l’irrigation dans les périmètres relevant du système de Nebhana, notamment à travers l’interconnexion des barrages du Centre avec le système hydraulique du Nord, ainsi que le renforcement des ressources en eau par l’exploitation des nappes profondes.

Dans ce cadre, un forage exploratoire d’une profondeur de 1500 mètres est prévu dans la délégation de Bekalta. Le recours au dessalement des eaux saumâtres figure également parmi les solutions envisagées.

Habib a également évoqué le succès de l’expérience d’ensemencement des nuages menée par le ministère en collaboration avec les ministères de la Défense et du Transport, appelant à son intensification et à sa généralisation, en particulier dans le bassin versant du barrage de Nebhana, lorsque les conditions sont favorables.

Et de rappeler que la Tunisie a connu, au cours de la dernière décennie, neuf années de sécheresse, dont six consécutives.
Malgré ces conditions difficiles, a-t-il dit, le système hydrique, en particulier celui de l’eau potable, a fait preuve de résilience, permettant d’abandonner le système de quotas dans la distribution de l’eau durant l’été dernier.

Dans ce contexte, il a évoqué le projet de coopération tuniso-espagnol, mené en partenariat avec l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement, visant à renforcer les ressources hydriques et à assurer la durabilité de l’irrigation dans les périmètres publics du système de Nebhana, à travers une étude portant sur la création d’une station de dessalement des eaux salées et saumâtres.

Evoquant l’irrégularité des pluies, Habib a indiqué que l’État s’oriente vers le recours aux ressources en eau non conventionnelles, avec pour objectif d’utiliser 70 % des eaux traitées dans l’irrigation à l’horizon 2050.Il a, dans ce sens, insisté sur la nécessité d’optimiser la gestion des ressources hydriques dans un contexte marqué par les changements climatiques.