
Pour rattraper son retard, ces mêmes think-tanks recommandent au vieux continent de renforcer son partenariat avec l’Afrique, plus exactement avec ses anciennes colonies qui engrangeraient d’un énorme potentiel de jeunes talents numériques capables d’innover et de créer des produits compétitifs à l’international.
Les deux seules conditions à réunir pour tirer le meilleur profit de ce potentiel d’innovation, serait pour l’Union européenne (UE) de mettre à la disposition des jeunes talents africains la logistique et les fonds requis. Un pays comme la France, membre de l’UE, est, particulièrement actif, dans ce domaine.
En Tunisie, ancienne colonie française, la France a mis en place une gamme de mécanismes pour encourager des jeunes tunisiens à développer des entreprises innovantes (startups) et à promouvoir leurs innovations à l’international.
La France met en place une gamme de mécanismes pour accompagner les startups
Au nombre de ces mécanismes figurent deux incubateurs dédiés à l’accompagnement des start-ups et projets technologiques dans les domaines du prototypage, de l’industrialisation et de la commercialisation de leurs produits. Il s’agit de deux filiales de groupes privés français : Act’in Cube de ACTIA Group qui a une filiale (ActinCube) implantée à l’Ariana en Tunisie et le groupe Orange qui a une filiale implantée sur les berges du lac de Tunis Orange Digital Center Tunisie (centre d’incubation Orange Fab).
Ces mécanismes présentent l’avantage d’être soutenus par des structures d’appui étatiques françaises : Business France, établissement public français chargé du développement international des entreprises françaises, Expertise France, agence de coopération technique filiale du groupe.
AFD (projet de coopération tuniso français Fast), le ministère français des affaires étrangères qui a institué en faveur des startupeurs, le visa long séjour (VLS) mention «passeport talent – chercheur »…
Parmi les réussites réalisées par ces mécanismes, il y a lieu de citer deux startups franco-tunisiennes qui se sont distinguées à l’international : la startup Wattnow, entreprise innovante spécialisée dans les systèmes de gestion de l’énergie et Kumulus, start-up qui conçoit des machines qui créent de l’eau potable à partir de l’air.
L’ambassade de France accompagne les incubateurs français
Persuadés de l’utilité des mécanismes mis en place pour accompagner les startups tunisiennes, le lobby français en Tunisie (ambassade, Chambre de Commerce & d’Industrie Tuniso-Française (ccitf)…) s’emploie à en faire la promotion pour mieux les faire connaître aux jeunes startuppeurs tunisiens.
Début mars 2026, le service de presse de l’ambassade a donné d’importants éclairages sur Orange Digital Center de Tunisie, et ce, à l’occasion d’une visite au site d’Anne Guéguen, ambassadrice de France en Tunisie.
Le compte rendu publié de cette viste nous apprend un ensemble de programmes et de services gratuits fournis par Orange Digital Center de Tunisie. En voici un aperçu.
Cet incubateur joue le rôle d’accélérateur de startups. Au total, 162 startups ont pu jusqu’à présent bénéficier d’un accompagnement, dont 40 accélérées. A l’occasion de la visite de l’ambassadrice, 5 startups accélérées par Orange Fab ont présenté leur projet : Be Bouncy, Lunar TC, BIOHEAT, ProVerdy, Thunders, dont certaines ont été finalistes ou lauréates du Prix Orange de l’Entrepreneur Social en Afrique (POESAM), lancé en 2011 et devenu une référence en Afrique et Moyen-Orient.
Autres composantes de l’incubateur, une école de codage : Orange Dev Center, un atelier de fabrication numérique, FabLab Solidaire. Cet atelier met à disposition gratuitement des équipements de fabrication de prototypes pour de jeunes développeurs et un 5G Lab, permettant de développer et tester des applications d’usage autour de la 5G.
Implantation régionale d’Orange Digital Center
Mention spéciale pour l’implantation régionale d’Orange Digital Center de Tunisie. Toujours selon la même source, ce dispositif est complété dans les régions de Tunisie par un réseau de 7 Orange Digital Center Clubs (Tunis, Le Kef, Sousse, Sfax, Kairouan, Nabeul), de 27 Maisons digitales et de 200 Ecoles numériques.
L’ensemble de ces initiatives, précise le communiqué, sont destinées à développer les compétences numériques et technologiques, renforcer l’employabilité des jeunes et l’esprit d’innovation dans l’ensemble du territoire tunisien.
Quant à nous, nous pensons qu’autant nous saluons ces initiatives en ce sens où elles aident à valoriser l’intelligence de nos startuppeurs, autant nous sommes frustrés de constater la tendance des startuppeurs encadrés par les incubateurs français à quitter la Tunisie pour la France dès que leurs innovations se confirment et sont validées. A bon entendeur !!!


