
Dans son mot d’ouverture, le directeur du festival, Habib Belhadi, a salué un cinéma qui, malgré un financement faible, a su s’imposer sur la scène internationale par une créativité singulière, participant à faire entendre une narration palestinienne fidèle à la mémoire, au présent et aux aspirations d’un peuple. Cette première édition a été dédiée à la mémoire de l’avocat palestinien feu Ismaïl Al-Junaïdi, dont le rêve de voir naître un tel festival en Tunisie trouve aujourd’hui son aboutissement.
La cérémonie d’ouverture a mêlé moments officiels, musique et cinéma, dans une atmosphère marquée par la présence d’un public nombreux. La chanteuse Mariem Abidi, accompagnée de Mazen Ben Mabrouk et Mohsen Hamad, a proposé une performance engagée, portée par des textes célébrant la liberté, la résistance et l’espoir.
La programmation, présentée par le directeur artistique Ikbal Zalila, s’articule autour de plusieurs axes, mettant en lumière la diversité des écritures cinématographiques palestiniennes, des œuvres historiques aux créations contemporaines, tout en accordant une place aux cinéastes de la diaspora et aux nouvelles générations.
Le festival s’est ouvert avec “Noces en Galilée” (1987), premier long-métrage de Michel Khleifi, une œuvre majeure qui révèle la vie sous occupation à travers le récit d’un mariage contraint par les autorités militaires. A travers ce film, le cinéaste affirme une démarche artistique tournée vers la défense de l’humanité du peuple palestinien.
Lors de la présentation de son film, le cinéaste a salué le lancement de ce premier festival du cinéma palestinien dans un pays arabe, soulignant la portée symbolique d’une telle initiative.
Revenant sur son parcours, celui que beaucoup considèrent comme le père du cinéma palestinien a rappelé avoir écrit ce film en 1984, à une période particulièrement éprouvante pour la cause palestinienne, marquée par l’incertitude quant à l’avenir après l’expulsion des Palestiniens du Liban en 1982, dont une partie s’était installée en Tunisie. Il a expliqué avoir fait cette œuvre comme une tentative de penser la vie et la possibilité du bonheur sous occupation, tout en interrogeant les mutations à l’œuvre à cette époque.
Michel Khleifi a également souligné que sa démarche artistique s’inscrit dans un combat pour préserver l’humanité du peuple palestinien face à une réalité qui tend à la nier.


